« Mais sinon tout va bien » de Maxime GILLIO

 

sonia boulimique des livres

Titre : Mais sinon tout va bien

Auteur : Maxime Gillio

Éditeur : Kobo Originals

Nombre de pages : 352 pages

Formats et prix : numérique 9,99 €

Date de publication : 2 mai 2019

Genre : humour

 

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À force de jouer les tragédiens, il a tenté le destin. Déjà, s’appeler Georges quand on a la trentaine, c’est partir avec un sacré handicap. Mais aujourd’hui, c’est bien le dernier souci de ce père célibataire au bord de la crise de nerfs. Car tout fout le camp. D’abord, sa carrière : s’exhiber en slip kangourou pour une publicité n’est pas exactement ce qu’il avait en tête en embrassant le métier de comédien. Mais pour payer ses factures et conserver l’école de théâtre léguée par ses parents, il n’a pas le choix. Ensuite, il y a Henrik, son fils adoré, surdoué mais exigeant, qui fait fuir tous ses professeurs. Enfin, Georges n’a que quelques mois pour monter Phèdre avec une poignée d’amateurs et une prof incontrôlable. Bilan : c’est la cata. Et quand une nouvelle élève, aussi talentueuse que fascinante, et une préceptrice punk aux cheveux bleus, surgie de nulle part, mettent leur grain de sel dans ce monumental bazar, Georges commence à se demander si les dieux n’auraient pas une dent contre lui.

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J’ai lu «Mais sinon tout va bien» dans la cadre de la Masse critique Spéciale Kobo Original.

Ce roman, publié initialement en 2019 sous pseudo et chez Harper Collins, vient d’être ré-édité chez Kobo. La couverture originale a été conservée, et c’est une belle idée, car elle est très belle, elle attire l’œil et est bien représentative des aventures qui arrivent à notre personnage principal, Georges. La partie immergée de l’iceberg est immense….

Ah Georges…Comment peut-on attirer autant la scoumoune ? Il devrait courir direct se faire désenvoûter, c’est pas possible. Voyez plutôt : orphelin, 33 ans, il est papa solo d’Henrik, gamin surdoué de 12 ans. La maman d’Henrik s’est carapatée, incapable d’assumer ce petit génie en culottes courtes. Il faut dire qu’Henrik met la barre très haut, il est déscolarisé par peur des autres et du changement, étudie à la maison, et, malheureusement, tous les profs particuliers qui s’y sont frotté ne tiennent pas une journée…D’ailleurs, je vous partage la petite annonce postée par Georges après une énième démission, c’est pépite :

« Père célibataire et complètement dépassé recherche précepteur / préceptrice pour faire l’école à domicile à son fils surdoué de 12 ans. Aucun niveau d’étude requis, ce petit génie se chargera de vous faire sentir dès la première heure à quel point vous êtes médiocre.

Profil souhaité : masochiste, aimant se faire humilier par un prépubère.

Tarif : progressif, le paiement sera automatiquement revalorisé si vous tenez plus de cinq heures sans l’étrangler ni démissionner. »

George rêve de faire carrière dans le cinéma. Il court les casting et accepte la moindre petite mission dégotée par Juan, son ami d’enfance et agent. Bon, c’est pas bien faramineux, mais cela à au moins le mérite de faire bouillir la moitié de la marmite…L’école de théâtre « Côté cours » que dirige George est censée faire bouillir le reste de la marmite, mais les adhésions des trois pauvres élèves de cette année ne suffiront malheureusement pas.

Et ce n’est que le début. Car George va devoir affronter toutes les déconvenues et toutes les péripéties qui lui tombent sur le coin du nez, et Dieu sait comme elles sont nombreuses. Si George m’a beaucoup fait rire, j’avoue avoir eu pitié de lui à maintes reprises. Franchement, il ne méritait pas tout cela, lui toujours prêt à aider son voisin, la bonne pâte parfaite…

Sur sa route, Mireille, la prof de théâtre à « Côté cours », ancienne actrice et amie des parents de George. Sa personnalité dépote, on ne peut pas dire qu’elle soit charmante, plutôt « brute de décoffrage », vous voyez ?

Et Margot, la nouvelle préceptrice d’Henrik. La perle rare, parfaite, au look totalement atypique, surdouée, qui arrive à dompter Henrik et qui compte bien faire de même avec George. J’ai adoré chaque scène où elle était là. Ses réparties étaient à tomber, avec elle, ça déménage !

« -Si j’ai bien compté, ces derniers jours, vous avez mangé des pizzas, des biscuits apéritifs, des sushis – un bon point pour le poisson cependant – encore des pizzas, encore des biscuits apéritifs, des pâtes en veux-tu en voilà, du riz au beurre, et je ne compte pas les allers-retours à la baraque à frites ou au kebab du coin ! Mais c’est consternant ! Est-ce que vous savez seulement à quoi ressemble un légume ou un fruit, monsieur Goubert ?

-Mademoiselle Margot, je vous paie pour dispenser des cours à mon fils, pas pour me donner des leçons de nutrition. J’apprécierais que chacun garde ses prérogatives. »

Chaque personnage est l’archétype même de la différence. Et c’est ce qui fait la force de ce roman. Ils ont tous une particularité considérée comme « tare » dans notre société des convenances. Punk, lesbienne, arabe, obèse, autiste, vieux…

Un roman amusant, tendre, grinçant, avec des personnages attachants (quelques-uns à fuir, tout de même, car il y a des méchants, si si).

Une histoire qui paraît légère et déjantée mais qui se révèle finalement grave et très touchante. Une ode à l’amitié, à l’amour, une belle leçon de vie, à ne rien lâcher, à aller jusqu’au bout. George va s’accrocher, malgré toutes les difficultés bordant son chemin. Le papa solo aux prises à des difficultés financières, ça parle à tout le monde, on est bien d’accord. La thérapie par l’art, les opérations déloyales immobilières, la place dans la société des gens « différents » sont autant de thématiques, petites graines plantée ici et là et qui donnent de la substance et de la richesse à ce roman.

La plume de Maxime est riche, fluide, drôle, pétillante. Dans une comédie de genre, il réussi même à placer de la grande littérature. Car, à « Côté cour », on est ambitieux, et Mireille décide de monter « Phèdre » de Racine….Rien que ça…

« – Jean Racine ? demande Karim.
– Mais oui, Karim ! Jean Racine tout à fait ! Peut-être le plus grand dramaturge français.
– Ah, ça je ne sais pas, mais le médecin pour les femmes que voit Anissa, il a son cabinet rue Jean Racine, c’est pour ça que je le connais. »

Maxime en profite donc pour enrichir son lecteur d’une explication d’œuvre qui vaut son pesant d’or. C’est à la fois instructif et divertissant. Il arrive à expliquer de manière simple cette tragédie profane d’envergure, et à prouver que cette œuvre est accessible au plus grand nombre.

Quand aux rebondissements, ils sont nombreux, c’est le moins que l’on puisse dire. Le pauvre George (et par effet boule de neige, le lecteur) n’a pas le temps de souffler. Un peu trop, me direz-vous ? Peut-être. Mais cela pousse le lecteur à rester accroché à son bouquin, avide de voir comment George va s’en sortir.

Un roman que je vous conseille, qui change les idées, fait du bien au moral, original et aux personnages très bien brossés.

« N’oublie jamais de vivre tes passions jusqu’au bout, mon fils. Ne jamais renoncer à ses rêves est le seul pied de nez que nous pouvons adresser à la mort, car c’est ce qui nous garde vivants. »

Je remercie Babélio et Kobo Originals pour cette lecture. 

#Maissinontoutvabien    #MaximeGillio  #KoboOriginals

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Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : la couverture et le résumé. D’habitude, ce sont des femmes qui sont les héroïnes de ces romans drôles et pétillants. Là, c’est un homme, ça change. Et un roman écrit par un homme de surcroît. Ma curiosité a été titillée.

Auteur connu : j’ai lu il y a quelques mois  « Bienvenue à Dunkerque » , et j’avais passé un bon moment de lecture, même si elle manquait un peu de rythme. Dans « Mais sinon, tout va bien », le rythme y est !

Émotions ressenties lors de la lecture : stupeur, surprise, dégoût, amusement, inquiétude, optimisme, méfiance, les émotions étaient nombreuses lors de cette lecture. 

Ce que j’ai moins aimé : le côté un peu « too much » peut s’avérer agaçant à certains moments, mais c’est ce qui fait aussi le charme du récit.

Les plus : la plume, les personnages, les thématiques, l’humour.

Si je suis une âme sensible : RAS

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