« Aimer encore » d’Olivier VOJETTA

 

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Titre : Aimer encore

Auteur : Olivier Vojetta

Éditeur : La Grande Vague

Nombre de pages : 136 pages

Formats et prix : broché 15.90 € / numérique 4.90 €

Date de publication : 5 novembre 2022

Genre : littérature générale

 

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« Je n’avais aimé qu’une fois, mais les hommes qui sont entrés dans ma vie m’ont tous adorée. Quand ils étaient petits garçons, leur mère prenait soin d’eux. La mienne était égoïste, elle ne pensait qu’au sexe. Les hommes faisaient mine de ne pas me voir même si j’étais sur leur chemin. Guillaume me parlait tous les soirs sur mon téléphone. J’étais une fille vide de tout, il me remplissait de mots comme un sac en plastique de vieux journaux. Ses messages étaient pareils à la paille dont on bourre un bel oiseau mort avant de l’accrocher au mur. »
Solitude, espérance, attente, dépendance, inquiétude, jalousie, peur de l’abandon… Voici le récit à la fois évanescent et cruel de tout ce que les amours virtuelles tissent de nuits blanches et de journées silencieuses, de promesses intenables et de rêves brisés.
C’est l’éternel roman du cœur entre illusion et vérité, corps et âme. C’est aussi l’histoire de Stella, qui aime Guillaume, qui n’aime rien de plus que de voir le monde à travers l’écran de son portable.

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C’est l’histoire d’un amour virtuel, une rencontre via internet. D’un amour toxique, aussi.

Notre narratrice, Stella, a fait connaissance de Guillaume sur le net.

Le premier chapitre donne le ton. Le récit commence par la fin, loin des contes de fées. Stella et Guillaume, le stéréotype de la relation toxique. Lui, 42 ans, célibataire, grand avocat ne vivant que pour son travail, ne laissant que peu (ou pas) de place pour le reste, et elle, responsable de communication dans une banque, amoureuse, en voulant toujours plus, espérant ce qui n’arrivera jamais. Elle le sait probablement au fond d’elle mais elle veut y croire, elle a besoin de cet espoir.

« A ce moment-là, dans ce couple-là, j’étais comme une civile en plein guerre, et personne n’était là pour me mettre à l’abri. »

Ils se sont rencontrés sur Tinder. Pour Stella, cela permettait d’avoir facilement accès à des hommes et à des nuits de sexe sans prise de tête. Guillaume, lui, cherchait la femme de sa vie. Peut-on trouver l’amour, le vrai, sur un site de rencontre ? Il est vrai que le net est un grand marché…Mais de là a chercher son âme sœur sur ce genre de site, j’ai un peu de mal…Stella, adepte des ruptures amoureuses, veut que cela change. Deux êtres meurtris. Deux âmes perdues. Au lieu de se soigner l’une l’autre, elles vont se détruire, chacune prenant le dessus sur l’autre avant de perdre du terrain, puis de reprendre l’avantage. Un jeu. Leur amour est un jeu. Cruel, où l’emprise émotionnelle est forte. Et où tout va déraper…pour le meilleur…et surtout pour le pire.

« Si seulement il ne m’avait pas dit son rêve que je sois un jour la mère de ses enfants, je n’aurais jamais connu le goût de l’espoir. »

Olivier traite de ce sujet délicat d’une manière inédite et surprenante ! Il ajoute à son récit un ingrédient de choc : le polar ! Car oui, il y a un mystère, une enquête, et donc, par déduction, un meurtre. Pas la peine de venir me torturer, je n’en dirai pas plus.

Si Olivier grossit le trait à l’extrême, c’est pour mieux nous mettre en garde. Internet peut, si l’on n’y prend pas garde, devenir le lieu de tous les dangers. Stella a le profil idéal de la proie pour Guillaume. Son avidité et son besoin d’être aimée, reconnue, admirée nous conforte dans le fait qu’elle souffre de faille narcissique, qui remonte à ses déboires sentimentaux précédents, et même à son enfance. Elle a une opinion d’elle totalement biaisée, elle se déprécie complètement. L’analyse d’Olivier est pointue. Sa plume est claire, limpide. Le rythme est loin d’être calme, Olivier entraîne le lecteur dans cette histoire qui fait frémir. La construction alterne entre l’ici et les flash back pour remonter le fil, essayer de comprendre ce qui se passe dans la tête de nos protagonistes.

Chaque lecteur peut s’identifier facilement aux personnages. On a tous  nos faiblesses. Un prédateur pourrait aisément s’y engouffrer. Internet, qui peut paraître totalement magique au premier abord, n’est finalement ni bon ni mauvais. Il faut savoir s’en protéger, pour protéger notre société. On ne peut nier que les plateformes virtuelles changent les rapports humains dans la vie réelle. Et c’est ce que nous montre Olivier dans « Aimer encore ». Une lecture agréable, originale, qui pointe le doigt sur un fait de société et qui donne à réfléchir.

« S’il l’avait voulu, j’aurais vraiment été la femme de sa vie, la mère de ses enfants. Je n’éprouvais aucun plaisir à jouer les copines. Mais les hommes aiment être courtisés et adulés par des créatures de contes de fées. »

Je remercie Olivier et les Éditions La Grande Vague pour cette lecture.

#OlivierVojetta     #Aimerencore    #LaGrandeVague

Aimer encore Olivier Vojetta

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Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : le résumé m’a beaucoup plu, et a raisonné en moi. J’avais vraiment envie d’en savoir plus et de découvrir ce qu’Olivier allait nous proposer.

Auteur connu : j’ai découvert Olivier avec « Courir encore » et « Sept endroits où disparaître » . J’aime beaucoup ses textes et la façon qu’il a de nous raconter des histoires.

Émotions ressenties lors de la lecture : angoisse, peur, crainte, effroi, les émotions ont été au rendez-vous.

Ce que j’ai moins aimé : RAS

Les plus : l’originalité du récit, le reflet de notre société, la construction, la plume. 

Si je suis une âme sensible : pas de soucis.

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2 réflexions sur “« Aimer encore » d’Olivier VOJETTA

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