« Buck & moi » de Mateo ASKARIPOUR

 

sonia boulimique des livres

Titre : Buck & moi

Auteur : Mateo Askaripour

Éditeur : Buchet-Chastel

Nombre de pages : 416 pages

Formats et prix : broché  22.90 € / numérique 17.99 €

Date de publication : 10 mars 2022

Genre : littérature américaine

 

blog littéraire

Darren « Buck » Vender a 22 ans, il vit avec sa mère à Brooklyn. Major de promotion intelligent mais démotivé il a choisi de travailler comme barista dans un Starbucks de Manhattan.
Instinct ou hasard ? C’est en convaincant un habitué de changer de boisson qu’il va lui-même changer le cours de sa vie. L’homme d’affaires est tellement impressionné par son charisme qu’il lui propose de le rejoindre chez Sumwun, une startup au succès aussi fulgurant qu’opaque. Après un entretien surréaliste, et une formation infernale qui ressemble fortement à un bizutage, Darren (ou plutôt Buck, comme on l’appelle désormais), est embauché. Le problème, c’est qu’il ne sait pas bien pourquoi.

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Voilà une lecture un peu mitigée pour moi. J’ai été ravie d’attaquer ce roman qui trainait dans ma PAL numérique depuis bien trop longtemps. L’envie de me promener à New York était forte également. Je me suis plongée dans « Buck & moi » avec avidité.

Tout avait bien commencé. Notre narrateur, Darren Vender, 22 ans, vit à Brooklyn avec sa mère. Il travaille au Starbucks de Park Avenue, en plein cœur de Manhattan. Sa vie bascule lorsqu’un client lui propose un job dans une start-up de vente, « Sumwun », située dans le même immeuble que le Starbucks. Darren est le premier et le seul employé afro-américain de l’entreprise. Darren se réinvente en « Buck », un vendeur impitoyable méconnaissable pour ses amis et sa famille.

« Au cœur de chaque difficulté, il y a une chance à saisir. »

Buck est un personnage très fort. Il m’est apparu dès le départ très sympathique, malgré son aversion pour le café et son opinion sur les buveurs de café, lol.

« Oui, je déteste le café. C’est du crack noir. Rien de plus. Celui qui boit du café y devient dépendant, en a besoin, et tremble et se gratte, et s’agite et twerke dès qu’il cesse de couler dans ses veines empoisonnées. Un coffe shop, c’est la version soft d’un repaire de fumeurs de crack. »

Au début du roman, Buck écrit depuis son penthouse surplombant Central Park et demande au lecteur de le suivre pendant qu’il nous apprend à vendre n’importe quoi. Au fil du récit, des interludes adressés au lecteur partagent des règles de vente bien connues. En tant que seule personne noire au bureau, Buck va subir des brimades de toutes sortes : on le compare à différentes célébrités masculines noires et sa nouvelle équipe l’asperge même de peinture blanche pour l’aider à s’intégrer. Pourtant, cela n’empêche pas Buck d’apparaître incroyablement authentique et joyeux. J’ai été frappée de voir à quel point il aimait vraiment sa vie, essentiellement pendant les premiers chapitres du roman, lorsqu’il travaillait chez Starbucks. L’humour est présent, mais à dose homéopathique, surtout au début du roman, avant que l’on entre dans le vif du sujet.

Le roman semble parfois brutal, car il met en lumière certains points sociétaux : l’impact du capitalisme sur l’individu et ses valeurs, les couches raciales et sociales aux États-Unis et l’impact sur la mobilité sociale. L’auteur se penche sur la gentrification, la culture start-up et le culte du succès. Bien que les idées soient fortes, je dois avouer que certains aspects n’ont pas vraiment fonctionné pour moi. Je pense que la descente dans l’absurde a été un peu trop exagérée, surtout en deuxième partie, où je trouve que tout part dans tous les sens.

« Buck & moi » est un livre ambitieux pour lequel l’auteur a pris un risque. C’est une réflexion intéressante de l’expérience d’une minorité gravissant l’échelle sociale. J’ai bien adhéré à la première partie du roman, dévorant les pages avec beaucoup d’envie, et puis, je me suis essoufflée. La seconde partie était trop stéréotypée et m’a complètement échappée.

La plume de l’auteur est piquante, mordante, pleine d’esprit et de verve, ce qui en fait un auteur à surveiller. La construction, déclinée en cinq partie aux noms évocateurs (Prospection, Apprentissage, Découverte, Démonstration, Vendre), détaille les phases différentes et cruciales de la vie du protagoniste. Ce livre se présente comme un mini guide des ventes, si on suit tout ce que le protagoniste de ce livre nous demande de faire, on deviendra un sacré vendeur !

Un bon point pour le twist final que je ne spoilerai pas et que je n’ai pas vu venir.

Je me méfie toujours des bandeaux dont sont souvent affublés les romans. Destinés à attirer le chaland, ils peuvent parfois s’avérer trompeur. C’est le cas ici. Je cherche toujours l’humour corrosif…C’était ce qui m’avait poussé à enfin sortir ce roman de ma PAL. Et du coup, j’en ressors frustrée et forcément déçue. Je pousse donc mon coup de gueule, car, clairement, ce bandeau m’a fourvoyée et est l’élément déclencheur d’une partie de mon avis mitigé concernant cette lecture. C’est vraiment dommage.

Une lecture en demi-teinte, probablement parce que j’attendais autre chose, notamment plus d’humour corrosif. Mais « Buck & moi » reste néanmoins une lecture agréable, au final. Je vous en conseille la lecture si la thématique vous intéresse. Quant à Mateo, nul doute que je serai au rendez-vous de son second roman.

« Et c’est là, en sortant de son bureau sous le regard de centaines de vendeurs riant de la déchéance de leur courageux chef, que j’ai compris que c’était la liberté qui m’avait motivé depuis le tout début. Pas l’argent, pas le pouvoir, pas le besoin de me prouver des choses, ni même de rendre Maman fière de moi, mais la liberté de respirer où je veux, quand je veux, comme je veux, et avec qui je veux dans ma belle peau noire. »

#Buck&moi    #MateoAskaripour    #BuchetChastel

Buck et moi

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Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : la couverture, flashy, le résumé, et pour finir, ce bandeau alléchant.

Auteur connu : « Buck & moi » est le premier roman de Matteo. Au vu des très belles critiques et de la plume de l’auteur, je pense qu’il ne s’arrêtera pas en si bon chemin. A quand le second roman ? Je suis curieuse d’en découvrir le thème.

Émotions ressenties lors de la lecture : joie, bonheur, admiration, dégoût, un peu d’ennui, d’exaspération.

Ce que j’ai moins aimé : le côté too much de la seconde partie du roman, le fait que cela partait dans tous les sens, et le côté trompeur du bandeau d’accroche sur la couverture.

Les plus : la plume, la narration, la plume, la thématique, la fin.

Si je suis une âme sensible : RAS

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