« Les cerisiers fleurissent aussi la nuit  » de Garance SOLVEG

Informations 

Titre : Les cerisiers fleurissent aussi la nuit

Auteur : Garance Solveg

Éditeur : Charleston

Nombre de pages : 480 pages

Formats et prix : broché 19 € / numérique 9.99 €

Date de publication : 13 févier 2025

Genre : roman historique

Résumé

1944, dans la Chine occupée par le Japon. Hiromi est déchirée entre son mari, un officier japonais, et le superbe prince Yuren, descendant des empereurs de Chine. Dans le chaos de la guerre, face à la mort qui rôde, ses dernières certitudes vont bientôt voler en éclats.
1993, Japon. Yuna est médecin à l’hôpital central de Kyoto. Alors qu’elle appelle son premier patient de la journée, elle se retrouve face à sa sœur, Ama, dont elle est sans nouvelles depuis trente ans. Ama a besoin d’une greffe urgente d’un parent proche, mais Yuna n’est pas compatible. Son père lui avoue alors qu’Ama a été adoptée en Chine en 1945.
Une course contre la montre s’engage pour trouver un donneur. Yuna se met à fouiller le passé, en quête d’indices sur la famille biologique d’Ama. Ce qu’elle va découvrir dépasse l’entendement et changera sa vie à jamais.
Un récit haletant au suspense insoutenable, autour d’un des secrets les mieux gardés de la Seconde Guerre mondiale.

Mon avis

❤️ Alerte au coup de cœur !❤️

Un roman historique de toute beauté !

Il faut savoir que ce roman a été publié initialement sous le titre « La sœur retrouvée ». Je l’avais lu en 2024 lors de sa sortie. Je suis ravie de le voir publier chez Charleston. J’ai toiletté ma chronique initiale pour l’occasion !

En lisant le résumé de « La sœur retrouvée » j’étais bien loin de m’attendre à une telle lecture ! Quel régal !

Deux lignes temporelles s’alternent, deux voix pour un destin lié.

A Kyoto, en 1993, Yuna retrouve sa sœur, Ama, bien malade. Elle a absolument besoin d’une greffe de moelle osseuse. Malheureusement, Yuna n’est pas compatible. Son père, Hajime, lui avoue qu’Ama a été adoptée. Yuna se lance alors à la recherche de la famille biologique d’Ama afin de trouver un donneur potentiel. Sauf qu’Ama a été adoptée en pleine guerre…

En Mandchoukouo, en 1944, en pleine occupation, nous faisons connaissance avec Hiromi. Elle est la première épouse d’Hajime. Le lecteur est plongé dans un pan historique passionnant, que, personnellement, j’ignorai totalement : la création de l’état du Mandchoukouo, sous domination japonaise.

Hajime est le seul personnage évoluant sur les deux époques. On a d’ailleurs du mal à croire que c’est la même personne, tant il est différent. Peu à peu, ce que le lecteur apprend sur lui glace le sang.

Le côté romanesque se fond dans le contexte historique avec une fluidité et une facilité surprenante. Le présent permet au lecteur de s’interroger sur la filiation et la génétique, tandis que le passé l’embarque  dans l’Histoire avec un grand H.

« Et surtout, Hiromi comprenait à présent pourquoi il était si facile de se procurer de l’opium au Mandchoukouo, pourvu qu’on eût quelque chose de valeur à échanger. L’opium était une politique d’État. Les autorités nippones avaient tout intérêt à abrutir les peuples occupés, étouffant ainsi toute velléité d’esprit critique en eux. »

Le questions sont nombreuses, les thématiques développées de façon riche et authentique. L’immersion est totale. Cela vient beaucoup de la construction du roman : avec Yuna, le « je » prime, le lecteur s’identifie totalement à la jeune femme, il cohabite avec elle, connait ses pensées, ses réflexions. Lorsque le récit bascule sur Hiromi, dans le passé, la troisième personne du singulier prend le relais. Le lecteur devient alors simple témoin oculaire de l’Histoire. L’auteure lui livre les clés du passé, pour mieux comprendre le présent. Le lecteur se transforme en personnage privilégié pour remettre toutes les pièces du puzzle à leur place.

La plume de Garance est limpide, étoffée, descriptive et pointue. Les notes en bas de page expliquent les mots utilisés, pour les novices. Une carte géopolitique en début d’ouvrage permet de localiser l’intrigue. Le rythme ne faiblit jamais, Garance emporte le lecteur dans son récit, les personnages, majoritairement féminins, sont charismatiques et solides. J’ai admiré ces femmes, courageuses, déterminées et pugnaces. Que ce soit face à la monstruosité des hommes en pleine occupation, ou de nos jours face à l’adversité de la vie, jamais elles ne renoncent.

Le travail de recherches de Garance a dû être considérable. Elle maîtrise son sujet à la perfection. Elle n’est pas avare de détails historiques ou scientifiques, mais jamais elle ne tombe dans l’excès, tout est parfaitement dosé. Je me suis régalée. J’ai appris une foule de choses. Je suis totalement entrée dans cette histoire, je l’ai vécue de l’intérieur, j’ai senti mes tripes et mon cœur se disloquer lors de certains passages.

L’unité 731, unité militaire de recherche bactériologique de l’Armée impériale japonaise, m’a donné des frissons. Ce qui m’a le plus choquée, c’est que je n’en n’avais jamais entendu parler. On connait tous la Shoah et les camps de concentration, mais je me suis rendue compte avec effroi qu’il y avait d’autres structures identiques dans le monde, où des hommes et des femmes ont été (et sont) victimes de la barbarie humaine.

Un mot de la couverture, absolument superbe. « La sœur retrouvée » est un roman procurant des émotions enivrantes et poignantes, un récit passionnant et instructif. Une lecture qui fait oublier le reste. Je ne peux que vous conseiller chaudement de vous glisser entre ses pages, vous m’en direz des nouvelles !

Je remercie Garance pour cette lecture.

« Progressiste et avant-gardiste, ma sœur s’attachait à capturer le quotidien des laissés pour compte du miracle économique japonais. Bien sûr, elle avait pris fait et cause pour les burakumin. Ces équivalents des intouchables indiens continuaient de faire l’objet de toutes les discriminations possibles, malgré l’abolition officielle du système des castes à la fin du dix-neuvième siècle. »

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En bref…

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : le résumé m’a beaucoup intéressée. Les relations fraternelles, une pointe de médecine, un peu d’histoire. Cela ma paraissait intéressant et riche. Et puis, la couverture m’a subjuguée.

Auteur connu : retrouvez mes chroniques de la série « Cheveux aux vents » : « Les échappées », suivi de « Les indomptées ».

Émotions ressenties lors de la lecture : passion, impuissance, révolte, colère, indignation, mais aussi admiration, espoir.

Ce que j’ai moins aimé : RAS

Les plus : la plume, la construction, les personnages, le contexte historique, le volet romanesque, la fin.

Si je suis une âme sensible : certains passages sont compliqués.

3 réflexions sur “« Les cerisiers fleurissent aussi la nuit  » de Garance SOLVEG

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