Informations
Titre : L’autre moi
Auteur : Franck Thilliez
Éditeur : Fleuve
Nombre de pages : 456 pages
Formats et prix : broché 22.95 € / numérique 16.99 €
Date de publication : 28 avril 2026
Genre : thriller
Résumé
Ici, le cauchemar commence.
Longepin. Un endroit niché au cœur de la forêt de la Grande Chartreuse. Un site sur lequel militaires et civils travaillent à des projets classés secret-défense. Un cadre de vie d’exception, mais ultra-surveillé et régi par des règles étranges.
Sibylle vient d’arriver avec son compagnon, Erwann. Docteur en neurosciences, celui-ci a vu la possibilité d’intégrer cette communauté comme la chance de sa carrière. Comme un espoir, aussi, que là-bas des confrères parviennent à aider celle qu’il aime.
Car Sibylle, depuis l’accident qui a coûté la vie à son enfant et lui a valu une douloureuse reconstruction du visage, n’est plus la même. Elle souffre d’une amnésie post-traumatique et est sujette à des cauchemars aussi intenses que troublants, au point de ne plus toujours savoir distinguer le rêve de la réalité…
Mon avis
A noter que « L’autre moi » est un one shot. Pas d’enquête de Sharko pour ce nouvel opus.
Encore une démonstration du boss !
Chaque année, c’est le même rituel.
L’annonce d’un nouveau Franck Thilliez provoque chez moi un mélange d’impatience et d’excitation. Depuis plusieurs romans, je me lance un défi personnel : essayer de le battre à son propre jeu.
Cette fois, je pensais avoir toutes les cartes en main…Oui, je sais, je suis dans une période plutôt optimiste en ce moment !
J’avais deux jours devant moi. Deux jours sans obligation particulière, entièrement consacrés à cette lecture. Je m’étais promis de ne pas me laisser manipuler. Lecture attentive, retour en arrière sur certains passages, relecture des indices disséminés ici ou là, déductions… Je n’ai pas pris de notes… mais j’en étais vraiment à deux doigts !
Alors, verdict ?
J’avais effectivement trouvé quelques éléments. Certaines intuitions étaient justes. Mais une fois encore, Franck Thilliez avait plusieurs coups d’avance.
Et c’est précisément pour cette raison que je continue de le lire avec autant de plaisir.
Une couverture rose bonbon
Avant même d’ouvrir le roman, un détail fait sourire : sa couverture. Un rose bonbon éclatant pour un thriller de Franck Thilliez… il fallait oser ! Quand on connaît l’univers sombre, noir et angoissant de l’auteur, ce choix est pour le moins surprenant. Et pourtant, une fois le livre refermé, on comprend que cette douceur apparente contraste à merveille avec ce qui nous attend à l’intérieur. Comme un trompe-l’œil. Une façade rassurante qui dissimule un véritable cauchemar psychologique.
Un thriller où la frontière entre rêve et réalité disparaît
Sibylle et son compagnon Erwann arrivent à Longepin, un complexe ultra-sécurisé perdu au cœur de la Grande Chartreuse. Ce site classé secret-défense réunit militaires et scientifiques autour de recherches sensibles.
Pour Erwann, neuroscientifique, cette affectation représente l’opportunité de sa carrière.
Pour Sibylle, c’est peut-être la dernière chance de retrouver une vie normale.
Depuis un terrible accident qui a coûté la vie de son fils et l’a laissée grièvement blessée au visage, la jeune femme souffre d’une amnésie post-traumatique. Ses nuits sont peuplées de cauchemars d’un réalisme saisissant. Peu à peu, les frontières entre ses rêves et la réalité deviennent de plus en plus floues.
Et nous, lecteurs, sombrons avec elle (en plus, vu mes problèmes de sommeil que je traîne depuis des années, j’étais dans l’ambiance direct).
« Elle éteignit et regagna le lit sur la pointe des pieds. Se glissa sous les draps, frigorifiée, incapable de fermer les paupières. Elle redoutait le sommeil, ce monde d’épouvante désormais indissociable de ses rêves. »
Une mécanique d’une précision redoutable
Je le répète souvent lorsque je parle des romans de Franck Thilliez : sa plume est chirurgicale.
Chaque chapitre, chaque scène, chaque détail semble avoir été placé exactement au bon endroit. Rien n’est laissé au hasard.
La construction du roman évoque véritablement un mouvement d’horlogerie suisse : complexe, minutieux, parfaitement calibré. À mesure que les pages défilent, toutes les pièces du puzzle s’emboîtent avec une logique implacable.
On croit comprendre. Puis un nouveau détail remet tout en question.
On reformule une hypothèse. Puis elle vole en éclats quelques chapitres plus loin.
C’est précisément cette capacité à manipuler le lecteur sans jamais tricher qui fait, selon moi, toute la force de Franck Thilliez.
Un détail qui a son importance
C’est aussi dans les plus petits détails que l’on mesure le talent de Franck Thilliez. Même l’orthographe du prénom de son héroïne n’est pas laissée au hasard. Je n’en dirai pas davantage pour ne rien dévoiler, mais cette simple nuance illustre parfaitement le niveau de précision avec lequel l’auteur construit son récit. Chez lui, chaque détail compte. Et la lecture se doit d’être attentive pour en découvrir chaque subtilité !
Les neurosciences au cœur du récit
S’il y a une chose que j’attends avec impatience à chaque nouveau roman de Franck Thilliez, c’est bien le sujet scientifique qu’il va choisir d’explorer. C’est l’une de ses plus grandes forces : réussir à transformer des domaines parfois complexes en véritables moteurs de suspense.
Cette fois, il nous entraîne du côté des neurosciences, un univers absolument fascinant. La mémoire, le fonctionnement du cerveau, les traumatismes, les rêves, les perceptions, les mécanismes qui façonnent notre identité… autant de thèmes passionnants qui irriguent toute l’intrigue.
J’adore cette manière qu’a Franck Thilliez de mêler la science au thriller. Au fil de ses romans, il nous a déjà plongés dans des univers aussi variés que la médecine, la virologie, la génétique, la psychiatrie. À chaque fois, on sent l’immense travail de documentation qui se cache derrière son écriture. Rien n’est approximatif : les explications sont suffisamment précises pour être crédibles, tout en restant accessibles à des lecteurs qui ne possèdent aucune connaissance scientifique particulière.
Et c’est précisément ce qui me plaît. Je n’ai jamais l’impression de lire un simple thriller. J’apprends toujours quelque chose. Je referme ses romans avec l’envie d’en savoir davantage sur les sujets qu’il aborde, tant ils éveillent ma curiosité.
Dans « L’autre moi », ces connaissances scientifiques nourrissent l’angoisse et renforcent cette sensation troublante que tout ce qui se déroule sous nos yeux pourrait exister. Elles donnent une profondeur supplémentaire à l’intrigue et rendent les manipulations psychologiques encore plus saisissantes.
Au final, on alterne constamment entre fascination scientifique et envie irrépressible de connaître la suite. C’est, selon moi, l’une des signatures de Franck Thilliez et l’une des principales raisons pour lesquelles je continue de dévorer chacun de ses romans.
Une héroïne particulièrement touchante
J’ai beaucoup aimé le personnage de Sibylle.
Dès les premières pages, on comprend que son combat dépasse largement celui que l’on imagine dans un thriller classique. Depuis le terrible accident qui a bouleversé sa vie, elle doit composer avec un deuil impossible, une reconstruction physique douloureuse et une mémoire devenue défaillante.
Franck Thilliez parvient parfaitement à retranscrire cette fragilité psychologique. Sibylle est une femme qui doute en permanence de ce qu’elle voit, de ce qu’elle ressent et même de ce dont elle se souvient. Lorsqu’elle est confrontée à ses cauchemars ou à ses pertes de mémoire, on partage son désarroi. Très vite, nous aussi, nous ne savons plus où s’arrête le rêve et où commence la réalité.
Ce qui rend ce personnage aussi attachant, c’est que, malgré ses blessures, elle refuse de renoncer. Elle cherche à comprendre ce qui lui arrive, à trouver des réponses, à reprendre le contrôle de sa vie. Cette volonté de se reconstruire suscite une véritable empathie. Ses failles, ses doutes, ses émotions, mais aussi sa détermination en font un personnage complexe et nuancé. On souffre avec elle, on espère avec elle et l’on s’investit pleinement dans son parcours.
Au milieu d’une intrigue aussi ingénieuse que vertigineuse, Franck Thilliez n’oublie jamais de raconter l’histoire d’une femme qui tente de se reconstruire après l’impensable. De quoi renforcer encore un peu plus l’immersion du lecteur.
« Et elle, le boulet, le parasite, l’amnésique. Celle qui passait ses nuits à se balader et ses journées à peindre des horreurs. Qu’est-ce qu’il foutait avec elle ? Comment il pouvait la supporter ? »
Le jeu des mémoires
J’ai également beaucoup apprécié le parallèle imaginé par Franck Thilliez entre ses deux personnages principaux. D’un côté, Sibylle souffre d’une amnésie post-traumatique qui a fragmenté ses souvenirs et brouille sans cesse sa perception de la réalité. De l’autre, Vic, le policier chargé de l’enquête, est atteint d’hypermnésie, une capacité exceptionnelle qui l’empêche, au contraire, d’oublier. Le moindre détail, le moindre souvenir reste gravé dans sa mémoire avec une précision remarquable.
J’ai trouvé ce contraste particulièrement intelligent. Là où Sibylle cherche désespérément à retrouver une mémoire qui lui échappe, Vic doit composer avec une mémoire envahissante dont il ne peut se libérer. Ce clin d’œil entre les deux personnages fait écho aux grands thèmes du roman et illustre une nouvelle fois le soin avec lequel Franck Thilliez construit ses intrigues. Rien n’est laissé au hasard, pas même les caractéristiques de ses protagonistes.
« A combien de souvenirs une existence normale se résumait-elle ? Lorsqu’il avait posé la question à son entourage, personne n’avait jamais su lui répondre. Mille ? Cinq mille ? Dix mille ? Les gens n’en avaient aucune idée. Ils se rappelaient certaines choses et pas d’autres, selon les jours. »
Les thèmes abordés
« L’autre moi » ne se résume pas à une intrigue policière ou à une succession de rebondissements. Derrière le suspense se cache une véritable réflexion sur des sujets humains et scientifiques, qui donnent au roman toute sa richesse.
Le thème central est évidemment celui de la mémoire. Que reste-t-il de nous lorsque nos souvenirs s’effacent ou se fragmentent ? Sommes-nous toujours la même personne si notre cerveau ne parvient plus à distinguer le vrai du faux ? À travers le parcours de Sibylle, Franck Thilliez explore les mécanismes de la mémoire, ses failles et sa complexité.
Le roman s’intéresse également à l’identité. Notre personnalité est-elle uniquement le reflet de nos expériences et de nos souvenirs ? Peut-on encore se reconnaître lorsque notre esprit nous joue des tours ? Ces questions traversent tout le récit et donnent une dimension presque philosophique à l’histoire.
Autre thème fort : le traumatisme psychologique et la reconstruction. Sibylle doit apprendre à vivre avec un drame qui a bouleversé son existence, tant physiquement que psychologiquement. Le deuil, la culpabilité, les cicatrices invisibles, mais aussi la résilience occupent une place importante dans le roman. Franck Thilliez nous montre combien un traumatisme peut modifier durablement notre rapport au monde.
À cela s’ajoute toute la réflexion autour des neurosciences et de la recherche scientifique. L’auteur interroge les possibilités offertes par les avancées médicales, mais aussi leurs limites et les questions éthiques qu’elles soulèvent. Jusqu’où peut-on aller au nom de la science ? Tout ce qui est techniquement réalisable est-il moralement acceptable ? Sans apporter de réponses toutes faites, le roman invite le lecteur à se poser ces questions.
Enfin, « L’autre moi » joue constamment avec notre perception de la réalité. Peut-on faire confiance à nos sens ? À nos souvenirs ? À notre cerveau ? Plus les pages avancent, plus les certitudes s’effritent. Ce brouillage permanent entre rêve, hallucination, souvenir et réalité nourrit une tension psychologique qui nous pousse à remettre en question chacune de nos hypothèses.
C’est ce que j’apprécie tant chez Franck Thilliez : au-delà du plaisir de résoudre une énigme, ses romans invitent toujours à réfléchir. Une fois le livre refermé, l’intrigue continue de résonner parce qu’elle soulève des questions universelles sur le fonctionnement de notre esprit, les limites de la science et, finalement, sur ce qui fait de chacun de nous la personne que nous sommes.
« La réalité est relative, docteur. Sa perception est influencée par nos sens, notre culture, nos expériences personnelles. Votre réalité n’est pas la mienne. »
Mon avis sur « L’autre moi »
Chaque année, je me dis que cette fois-ci, peut-être, j’arriverai à anticiper tous les rebondissements imaginés par Franck Thilliez (on peut toujours rêver..)
Chaque année, je me trompe.
Et finalement… tant mieux.
Parce que c’est exactement ce que j’attends d’un thriller : être surprise, manipulée, baladée d’une hypothèse à l’autre avant de découvrir une révélation parfaitement construite.
Avec « L’autre moi », Franck Thilliez nous fait une nouvelle démonstration de son immense savoir-faire. Un thriller intelligent, addictif, parfaitement documenté, qui joue avec notre cerveau autant qu’avec celui de ses personnages.
Une lecture que j’ai savourée autant pour son intrigue que pour l’incroyable précision de sa construction.
Encore une fois, chapeau, Monsieur Thilliez.
Vous aimez les thrillers psychologiques, les intrigues où rien n’est ce qu’il paraît et les romans qui vous obligent à rester constamment en alerte ? Alors « L’autre moi » est un rendez-vous incontournable.
« On travaille ici sur des processus technologiques qui représentent une percée considérable dans le domaine des neurosciences. Sans surprise, des gens de l’extérieur essaient donc d’accéder à ce qui se passe dans l’enceinte de Longepin. »

En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : chaque nouveau roman de Franck Thilliez est un rendez-vous incontournable pour moi. J’aime autant ses intrigues redoutablement construites que les sujets scientifiques qu’il explore.
Auteur connu : j’ai lu tous les romans de Franck Thilliez, je l’ai rencontré un nombre incalculable de fois, la dernière datant d’avril dernier, aux Quais du Polar. Retrouvez ici la page regroupant tous les articles du blog sur Franck Thilliez, son univers et ses romans.

Émotions ressenties lors de la lecture : fascination, tension, curiosité, doute, frustration (dans le bon sens du terme), surprise, admiration, inquiétude, empathie, émerveillement devant l’ingéniosité de l’intrigue.
Ce que j’ai moins aimé : RAS
Les plus : l’intrigue et sa construction, les thèmes abordés, l’ambiance, le rythme, la plume, les personnages, les détails, la fin.
Si je suis une âme sensible : ce roman n’est pas gore, mais l’ambiance parfois très oppressante et certaines scènes peuvent mettre mal à l’aise.

Un grand cru de Thilliez . Complexe , tordu , manipulateur et addictif , j’ai adoré ce roman qui ne se lâche pas . C’est aussi comme d’habitude un roman très documenté scientifiquement sur la mémoire thème récurrent chez l’auteur. Un huis clos étouffant sous haute surveillance militaire , Ambiance à la Lynch , des faits terrifiants . Les méchants sont très méchants et les autres sont très paumés ! Le récit est labyrinthique , Thilliez ajoutant sans cesse des strates où les personnages et le lecteur s’égarent ce qui crée un malaise et devient angoissant. Zoé
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