Informations
Titre : Autant en emporte le vent tome 1 et 2
Auteur : Margaret Mitchell
Éditeur : Gallmeister Totem
Nombre de pages : 1440 pages pour les deux tomes
Formats et prix : pour chaque tome : poche 13 € / numérique 11.99 €
Date de publication : 11 juin 2020
Genre : littérature américaine
Résumé
1861, Géorgie. Scarlett O’Hara a seize ans. Elle a devant elle l’avenir radieux d’une riche héritière de Tara, une importante plantation de coton. Mais la guerre civile est sur le point de plonger dans le chaos le pays tout entier, et Scarlett a le cœur brisé : Ashley Wilkes vient d’en épouser une autre. Pour fuir son chagrin, elle va s’installer à Atlanta, impatiente de goûter à l’énergie d’une grande ville. Là, un certain Rhett Butler, à la réputation douteuse de contrebandier, commence à s’intéresser à Scarlett et son caractère rebelle. Un duel de séduction s’engage alors, et ils vivront ensemble les pires heures du siège d’Atlanta. Couronné par le prix Pulitzer, immortalisé à l’écran avec les inoubliables Vivien Leigh et Clark Gable, best-seller absolu, Autant en emporte le vent est une fresque intemporelle sur l’amour et la guerre.
Mon avis
Il y a des romans qui traversent les générations sans jamais perdre de leur puissance. « Autant en emporte le vent » fait incontestablement partie de ceux-là. Cette relecture entrait parfaitement dans le thème du challenge Gallmeister de juillet : « Entre les lignes de feu », consacré aux romans où la guerre occupe une place centrale.
J’avais découvert ce monument de la littérature lorsque j’étais adolescente. J’en gardais un souvenir émerveillé, mais je me demandais si, plusieurs décennies plus tard, la magie opérerait toujours.
Et la réponse est un immense oui !
Durant plusieurs semaines, j’ai retrouvé Scarlett, Rhett, Tara et cette Amérique déchirée par la guerre de Sécession avec grand plaisir. Et malgré les 1 440 pages réparties en deux tomes, je n’ai absolument pas vu le temps passer.
Une plongée fascinante dans l’Amérique de la guerre de Sécession
Dès les premières pages, Margaret Mitchell nous transporte en 1861, au cœur de la Géorgie.
Scarlett O’Hara est la fille privilégiée d’un riche propriétaire d’une plantation de coton. Belle, capricieuse, manipulatrice et profondément égoïste, elle ne ressemble en rien aux héroïnes sages auxquelles la littérature nous a habitués. Pourtant, c’est précisément ce qui la rend fascinante.
Lorsque la guerre de Sécession éclate, son univers bascule. Les certitudes s’effondrent. Les fortunes disparaissent. Les familles sont séparées. Les morts se multiplient.
Et Scarlett va devoir apprendre à survivre dans un monde qui ne ressemble plus à celui dans lequel elle a grandi.
Margaret Mitchell a choisi de raconter la guerre non pas depuis les champs de bataille, mais à travers ceux qui restent à l’arrière, qui attendent, souffrent, espèrent et tentent simplement de continuer à vivre.
Le siège d’Atlanta est d’ailleurs l’un des passages qui m’a le plus impressionnée. On ressent véritablement la peur, les bombardements, la désorganisation de la ville, les blessés qui affluent sans cesse et l’impression que tout un monde est en train de disparaître.
Scarlett O’Hara : une héroïne impossible à oublier
Si « Autant en emporte le vent » m’avait autant marquée à l’adolescence, c’est en grande partie grâce à Scarlett. À l’époque, je l’admirais profondément. J’étais fascinée par cette jeune femme qui refusait de se résigner, qui se relevait après chaque épreuve et qui semblait capable d’affronter le monde entier sans jamais renoncer. D’une certaine manière, elle a contribué à façonner la femme que je suis devenue.
En la retrouvant aujourd’hui, mon regard a naturellement évolué. Je vois désormais toutes ses contradictions : son égoïsme, son obstination, sa capacité à manipuler les autres, mais aussi son incroyable force de caractère, son courage face à l’adversité et son instinct de survie hors du commun. Scarlett est un personnage profondément humain, avec ses qualités comme ses défauts. Elle dérange parfois, agace souvent, mais ne laisse jamais indifférent.
C’est sans doute cette complexité qui explique pourquoi, près de 80 ans après sa création, elle reste l’une des héroïnes les plus marquantes de la littérature. Adolescente, je voulais lui ressembler. Aujourd’hui, je ne l’admire plus tout à fait de la même manière, mais je continue d’être fascinée par la richesse de son personnage et par l’évolution qu’elle connaît tout au long de cette immense fresque romanesque.
« Assise avec Stuart et Brent Tarleton à l’ombre fraîche de la véranda de Tara, la plantation de son père, en ce radieux après-midi d’avril 1861, elle formait un joli tableau. Sa nouvelle robe verte en mousseline fleurie déployait ses onze mètres d’étoffe bouffante par-dessus les arceaux de sa crinoline, et s’harmonisait exactement avec les mules de marocain vert à talons plats que son père lui avait récemment rapportées d’Atlanta. »
Rhett Butler : bien plus qu’un simple héros romantique
Impossible également de ne pas évoquer Rhett Butler. Son humour, son cynisme, son intelligence et son regard lucide sur la société sudiste.
Il est probablement l’un des personnages masculins les plus charismatiques de la littérature.
Contrairement aux autres hommes, il voit Scarlett telle qu’elle est réellement. Il comprend ses failles, admire sa détermination et accepte sa personnalité complexe.
Leur relation est un véritable jeu d’échecs où chacun tente de garder l’avantage. Leurs dialogues sont savoureux, souvent drôles, parfois bouleversants.
Même lorsque l’on connaît déjà l’histoire, on se laisse totalement emporter.
« Les milliers d’immigrants qui seraient heureux de se battre pour les Yankees contre de la nourriture et quelques dollars, les usines, les fonderies, les chantiers navals, les mines de fer et de charbon – tout ce que nous n’avons pas. Voyons, tout ce que nous avons, c’est du coton et des esclaves et de l’arrogance. Ils nous écraseraient en un mois. »
Bien plus qu’une histoire d’amour
« Autant en emporte le vent » est avant tout une immense fresque historique.
Margaret Mitchell décrit avec une précision remarquable :
- la guerre de Sécession ;
- l’effondrement du Sud esclavagiste ;
- la Reconstruction ;
- les bouleversements économiques ;
- la transformation du rôle des femmes ;
- les différences sociales ;
- la lutte quotidienne pour survivre.
À travers Scarlett, c’est toute une société qui tente de renaître de ses cendres.
On voit disparaître un monde ancien pendant qu’un nouveau se construit, souvent dans la douleur.
« Ce qui appartenait au passé était passé. Ceux qui étaient morts étaient morts. Le luxe indolent d’autrefois n’était plus et ne reviendrait plus. Et quand Scarlett mit en ordre le lourd panier à son bras, elle avait mis en ordre son propre esprit et sa propre vie. »
Une œuvre qui demande du recul
Relire « Autant en emporte le vent » aujourd’hui implique également de prendre en compte son contexte historique.
Le roman reflète la vision d’une partie du Sud des États-Unis au début du XXᵉ siècle et présente une image idéalisée de l’Ancien Sud, notamment concernant les plantations et l’esclavage. Ces représentations sont aujourd’hui largement remises en question et doivent être replacées dans leur contexte de création.
Cela n’enlève rien à la qualité romanesque exceptionnelle de l’œuvre, mais il me paraît important de lire ce classique avec un regard critique.
C’est aussi ce qui fait la richesse de cette lecture : elle permet autant de s’évader que de réfléchir.
« Je vous ai expliqué autrefois qu’il y avait deux époques pour gagner beaucoup d’argent, la première lors de l’édification d’un pays et la seconde lors de sa destruction. L’argent circule lentement pendant l’édification, et vite pendant l’effondrement. »
Une plume incroyablement immersive
Ce qui m’a le plus frappée durant cette relecture, c’est la fluidité de la plume.
Malgré la longueur impressionnante de l’ouvrage, je ne me suis jamais ennuyée. Chaque chapitre apporte son lot de rebondissements. Les personnages secondaires sont tous extrêmement travaillés. Les dialogues sont vivants. Les descriptions trouvent toujours le juste équilibre entre richesse et efficacité.
Margaret Mitchell possède ce talent rare de faire oublier au lecteur le nombre de pages qu’il lui reste à parcourir.
J’ai tourné les pages avec la même envie du début à la fin, et croyez-moi, ce n’était pas gagné !
En conclusion
Cette relecture fut un véritable bonheur.
J’étais heureuse de retrouver cette histoire qui m’avait tant marquée adolescente et je crois même l’avoir davantage appréciée aujourd’hui.
J’y ai découvert une profondeur historique que je n’avais sans doute pas perçue lors de ma première lecture.
J’ai retrouvé des personnages inoubliables, une héroïne aussi agaçante qu’admirable, un héros charismatique, une histoire d’amour devenue mythique et, surtout, une fresque historique d’une richesse exceptionnelle.
Oui, 1 440 pages, cela peut impressionner. Pourtant, une fois plongée dans l’histoire, elles défilent sans que l’on s’en rende compte.
« Autant en emporte le vent » est un immense classique de la littérature américaine qui mérite amplement sa réputation.
« Je ne veux pas penser à cela maintenant. Je ne le supporterai pas. J’y penserai plus tard, se dit-elle tout haut, en détournant le regard. »

En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : lu dans le cadre du challenge Gallmeister de juillet, dont le thème était « Entre les lignes de feu ». C’était également l’occasion de redécouvrir un roman qui m’avait profondément marquée durant mon adolescence. Cette relecture m’a permis d’en apprécier toute la richesse historique et psychologique avec un regard plus mature.
Auteur connu : Margaret Mitchell était journaliste. Elle a mis dix ans à écrire « Autant en emporte le vent ».
Émotions ressenties lors de la lecture : émerveillement, fascination, nostalgie, admiration, colère, tendresse, inquiétude, tristesse, espoir, émotion, attachement, frustration, suspense.
Ce que j’ai moins aimé : RAS
Les plus : la fresque historique grandiose, l’immersion, les personnages, le rythme, la plume.
Si je suis une âme sensible : ce roman aborde des thèmes lourds, néanmoins les scènes ne sont pas particulièrement difficiles.
