Interview de Solène BAKOWSKI et Amélie ANTOINE

Présentation des auteurs :

Solène :

Solène Bakowski est née en 1981 et vit à Paris.

Elle écrit un premier roman, Un sac, qui n’est pas publié immédiatement. C’est son deuxième roman, Parfois on tombe, qui sortira d’abord en librairie en 2014. Un sac, lui, verra le jour en autoédition où il rencontrera plus de 15 000 lecteurs, avant d’être récompensé par le Prix spécial du jury Amazon en 2016 et d’être repéré par les éditions Bragelonne qui offrent à ce roman noir une seconde vie.

En 2015, elle publie en autoédition un autre roman, Chaînes, qui raconte la chute d’un homme amoureux sur fond de fantastique.

En 2017 paraît Une bonne intention sur Amazon. Elle y raconte l’histoire de la disparition d’une fillette. Plus qu’un thriller psychologique, ce roman est celui d’un amour hors du commun. Sa sortie en librairie, chez Bragelonne, est prévue pour mars 2018.

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Bibliographie :

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Amélie :

Amélie Antoine vit dans le nord de la France avec sa famille.

Après un récit autobiographique, Combien de temps, publié en 2011, elle se lance dans la la fiction et publie en mars 2015 son premier roman Fidèle au poste. Ce texte connaît très vite un vif succès, et parvient à séduire plus de 25 000 lecteurs en autoédition, avant d’être repéré par les éditions Michel Lafon et de sortir en librairie en mars 2016, puis dans les pays anglophones en août 2016. Depuis, ce sont plus de 250 000 lecteurs qui ont été conquis par ce thriller psychologique ! Une adaptation au cinéma est en cours de réalisation.

Son deuxième roman, Au nom de quoi, sort en 2016. Ce texte revient par le biais de la fiction sur la soirée du 13 novembre 2015 au Bataclan. Il est également sorti dans les pays anglophones en 2017.

Sorti en 2017 en librairie, son dernier roman, Quand on n’a que l’humour…, retrace la carrière d’un humoriste au sommet de la gloire, un homme brisé qui cherche à tout prix à renouer avec son fils duquel il s’est éloigné au fil des années.

 Depuis, elle continue bien sûr à écrire, encore et encore…

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Bibliographie :

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Projet commun :

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Bonjour Solène et Amélie, tout d’abord je tiens à vous remercier pour cette interview, qui, je l’espère, aidera les lecteurs à lever le voile sur ce projet étonnant.

Je vous laisse tout d’abord vous présenter en quelques mots :

Amélie : je vis à Lille avec ma famille. Pendant plusieurs années, j’ai jonglé entre deux métiers : celui de traductrice dans le doublage et celui de chargée de communication. Aujourd’hui, j’ai abandonné la traduction pour avoir davantage de temps pour l’écriture, mais le rythme reste trépidant étant donné que je suis toujours obligée de voler des heures dès que j’en ai la possibilité pour avancer dans mes romans… !

Solène : je vis à Paris, avec mon mari, ma fille et mon chien. J’ai été plusieurs années professeur des écoles mais aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir me consacrer entièrement à l’écriture. Je suis de ces auteurs que l’on appelle désormais «  les hybrides », c’est à dire que j’ai un pied dans l’autoédition et un autre dans le circuit traditionnel.

Entrons maintenant dans le vif du sujet : comment ce projet est il né ? Qui en a eu l’idée ? Pourquoi ?

Amélie : de mon côté, cette envie de travailler avec Solène vient tout d’abord du fait que j’aime son univers et son style d’écriture. J’aime la noirceur et le réalisme sans concessions de ses romans, et j’avais ce sentiment assez rare, je pense, d’être sur la même longueur qu’elle. D’où cette proposition de travailler ensemble sur un projet de romans noirs. Nous avions très envie de travailler ensemble tout en ayant une autonomie et une indépendance relative, de façon à chacune pouvoir travailler de notre côté à notre propre rythme. Je ne regrette pas une seconde d’avoir mené à bien ces textes, ça a été une expérience très enrichissante et, surtout, un travail d’écriture qui a été beaucoup moins solitaire qu’habituellement !

Pourquoi vous choisir mutuellement ?

Solène : parce qu’entre nous, c’est l’amour fou ! Plus sérieusement, après notre rencontre, il y a deux ans, nous avons tissé des liens d’amitié très forts. Et puis, nous avons le même style de lecture et des univers qui ne sont pas si éloignés l’un de l’autre. L’envie de travailler ensemble est venue petit à petit, au fil de nos éclats de rire et de nos discussions plus graves.

Comment vous êtes vous organisées pour l’écriture de ces deux romans ? Avez vous le même « rituel » d’écriture ? Plan ou pas ?

Amélie : l’idée de départ était de réfléchir à une situation initiale et à imaginer ensemble deux chemins, deux scénarios totalement différents, simplement parce qu’un infime détail aurait changé et aurait eu pour conséquence de bouleverser les destins de tous les personnages. Nous avons élaboré les squelettes des deux scénarios ensemble, en amont de l’écriture. Très peu de choses ont pu être laissées au hasard, car chaque élément d’un romans avait une influence sur l’autre, en réalité. Puis nous avons travaillé chacune de notre côté, en communiquant malgré tout de façon quotidienne, puisque nos romans sont construits sur de nombreux échos (personnages apparaissant dans les deux textes, par exemple).

Comment fait on pour écrire deux romans à deux, et qui s’emboitent si bien ?

Solène : on échange beaucoup, on corrige beaucoup aussi. Comme Amélie l’a dit, les deux histoires ont été montées ensemble, dans un souci de cohérence permanent, tant au niveau des personnages (si un personnage était désinvolte et expansif dans le roman d’Amélie, il était impensable que j’en fasse un taiseux réservé dans mon histoire), qu’au niveau des éléments perturbateurs. Même la météo devait être raccord. Cela paraît anecdotique et pourtant, ça ne l’est pas : si, pour un même événement, il pleuvait chez moi et faisait grand soleil chez Amélie, notre projet aurait perdu en crédibilité.

Bien sûr, comme il est difficile de tout prévoir à l’avance, il a ensuite fallu procéder à quelques (« quelques » est un euphémisme) ajustements : il y a eu des frustrations, des engueulades, des réconciliations et des compromis. Si l’exercice n’a pas été simple, il a été d’une richesse hors du commun.

Le lecteur est malmené dans les deux options, vous n’avez pas l’intention d’en faire un autre, genre conte de fée ? (lol)

Amélie : ah ah ah. Il est vrai que le conte de fées avec happy end, ce n’est pas trop notre marque de fabrique, ni à l’une, ni à l’autre…! Solène et moi retravaillerons peut-être un jour ensemble sur un autre projet, mais je doute que ce soit sur un feel-good (même s’il ne faut jamais dire jamais…)

Avez vous chacune relu le manuscrit de l’autre ? Etait ce dur d’émettre un jugement ?

Solène : oui. J’ai lu le manuscrit d’Amélie lorsqu’il a été terminé et avant même de commencer le mien. Cela m’a permis de garder en tête tout au long de l’écriture les étapes que je devais obligatoirement respecter et de donner de la consistance à mes personnages secondaires puisque ceux-là sont en première ligne chez Amélie.

De son côté, Amélie a lu mon roman au fil de l’écriture. Tous les vendredis, je lui envoyais les chapitres que j’avais rédigés pendant la semaine. Elle m’en faisait un retour précis (j’en profite pour dire qu’Amélie possède un œil de lynx) et je modifiais en fonction.

Dans vos livres respectifs, quel est votre personnage préféré, celui dans lequel vous aimeriez vous réincarner et pourquoi ?

Solène : c’est une question difficile, je ne suis pas certaine que j’envie l’existence d’un des personnages que j’ai créés dans ce roman. Disons que dans une visée ethnologique pure, j’aimerais être Jessica, pendant deux jours, juste pour voir ce que ça fait. Elle est tellement tout ce que je ne suis pas que je serais curieuse de vivre dans sa peau… mais sur un temps court, hein, après il faudra me sortir de là !

Amélie : heu… Vu l’histoire effroyable que je raconte, je préférerais ne pas être réincarnée en l’un des personnages… ! Mais, malgré tout, il y a dans mon texte un personnage qui, pour moi, est source de lumière et d’espoir : c’est Milo. Alors, si je devais à tout prix choisir, ce serait Milo, parce que son destin à lui m’est complètement inconnu.

J’aimerai connaître votre recette pour écrire  :

Amélie et Solène :

  • Un bon litre d’imagination
  • Un autre bon litre de motivation
  • Une casserole remplie à ras bord de temps
  • Une cuillère à soupe d’empathie
  • Une cuillère à café de rigueur (attention, choisissez la bien, elle peut être trop écœurante sinon)
  • Un zeste de citron pour piquer le cœur du lecteur
  • Du chocolat et des amandes (ça, c’est pour éviter les coups de pompe de la fin de matinée)

Attention : au moment de la cuisson, il conviendra de se montrer vigilant. En effet, à forte température, le doute apparaîtra. Veillez à en garder un peu de côté, il est utile, tout en  enlevant le superflu : à hautes doses, il peut apporter trop d’amertume.

 

 

 

 

2 réflexions sur “Interview de Solène BAKOWSKI et Amélie ANTOINE

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