« La daronne » de Hannelore CAYRE

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Résumé :

« On était donc fin juillet, le soleil incendiait le ciel ; les Parisiens migraient vers les plages, et alors que j’entamais ma nouvelle carrière, Philippe, mon fiancé flic, prenait son poste comme commandant aux stups de la 2e dpj.

– Comme ça on se verra plus souvent, m’a-t-il dit, réjoui, en m’annonçant la nouvelle deux mois auparavant, le jour de sa nomination.

J’étais vraiment contente pour lui, mais à cette époque je n’étais qu’une simple traductrice-interprète judiciaire et je n’avais pas encore une tonne deux de shit dans ma cave. »

Comment, lorsqu’on est une femme seule, travailleuse avec une vision morale de l’existence… qu’on a trimé toute sa vie pour garder la tête hors de l’eau tout en élevant ses enfants… qu’on a servi la justice sans faillir, traduisant des milliers d’heures d’écoutes téléphoniques avec un statut de travailleur au noir… on en arrive à franchir la ligne jaune ?

Rien de plus simple, on détourne une montagne de cannabis d’un Go Fast et on le fait l’âme légère, en ne ressentant ni culpabilité ni effroi, mais plutôt… disons… un détachement joyeux.

Et on devient la Daronne.

Mon avis :

Je continue ma découverte d’auteurs en vue des Quais du Polar. Et j’avoue que là, j’ai été bluffée. Un livre pas très épais en nombre de pages mais extrêmement dense.

La vie de Patience, la cinquantaine, est somme toute des plus normale. Enfance quelque peu atypique tout de même, entre une mère juive et un père trafiquant sur les bords. Il  fallait donc rester modeste, sauf pendant les vacances au soleil dans des palaces. Ne pas oublier de transvaser le Chanel numéro 5 dans le flacon de gel douche avant de rentrer.

Mère de deux enfants, mariée, puis veuve suite au décès brutal de son mari, Patience va devoir travailler pour tenter de garder la tête sous l’eau. Elle sera traductrice-interprète-judiciaire. Intéressant ! Elle se consacre à son travail et à sa mère, placée dans un EPHAD suite à un AVC.

On accroche bien avec ce personnage confronté à la vie de tous les jours. Jusqu’au jour où elle bascule dans l’illégalité, histoire de renflouer un peu son compte en banque.

Et là, c’est du bonheur. On rit, on imagine les scènes, c’est original, vif, cinglant, à l’humour qui décape. La superposition de la vie des personnes âgées placées et des trafiquants de drogue est osée et pourtant, ça marche !

Hannelore est un auteur de talent, qu’il ne me serait jamais venu à l’idée de lire si elle n’était pas présente aux Quais du Polar. On ne peut pas vraiment dire que c’est un polar, encore moins un thriller.

Petit extrait, histoire de vous rendre compte :

« Ma cave étant pleine à ras bord de meubles appartenant à mes parents, j’étais obligée d’entreposer tout le shit dans mon appartement, du coup on ne pouvait plus y faire un pas sans buter dedans. On ne pouvait plus y respirer non plus, l’odeur grasse de résine reconnaissable entre mille envahissant tout l’espace.
J’ai fermé les fenêtres et calfeutré le dessous de la porte d’entrée avec mon teckel en toile anti-courants d’air, mais malgré cela elle continuait à s’insinuer dans la cage d’escalier, se livrant à une lutte fratricide avec celle de Nuoc-mâm de mes voisins. »

Je ne peux que vous le conseiller !!

Une réflexion sur “« La daronne » de Hannelore CAYRE

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