« Miracle » de Solène BAKOWSKI

Informations :

Titre : miracle

Auteur : Solène Bakowski

Éditeur : Métropolis

Nombre de pages : 409 pages

Format  et prix : broché 19.95 €

Date de publication : 17 octobre 2019

Genre : roman noir

Résumé :

La vie de Laure, vingt-et-un ans, s’écroule lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’une tumeur incurable au cerveau. Les médecins sont formels : la jeune femme est condamnée. Mais Laure est une battante, et grâce aux réseaux sociaux, récolte des fonds pour se lancer dans un projet fou : celui de traverser l’Atlantique en solitaire. Très vite, les internautes se prennent de passion pour cette jeune malade que d’aucuns voient comme une héroïne des temps modernes. Elle est invitée sur les plateaux de télévision, son périple est suivi sur YouTube par des centaines de milliers d’abonnés. Adulée, elle devient un symbole d’espoir et un modèle de courage. Dans sa course contre la montre, Laure pense avoir trouvé un sens à sa vie, mais une question parmi d’autres se pose : quel est le prix d’un miracle ?

Conduite pied au plancher, Miracle est l’histoire aux rebondissements en rafale d’une chute libre dans l’enfer des réseaux sociaux, qui va emporter Laure au cœur de la nuit, loin, beaucoup trop loin… Là où le lecteur n’a plus de répit.

Mon avis :

Il y a des auteurs que tu apprécies tellement que tu les lis les yeux fermés. Solène en est de la partie ! Pourtant, Dieu sait à quel point ce sujet m’est hyper sensible et me retourne les tripes.

Laure, 21 ans, se voit diagnostiquer une tumeur au cerveau inopérable. Les statistiques lui donnent 2 ans, 3 au mieux. Une fois le choc à peu près digéré, cette passionnée de la mer, monitrice de voile, file sur la plage ramasser 1 095 coquillages. Elle en peint 1 tiers en rouge (l’année de bonus, si tout va bien). Rempli un bocal avec tous ces coquillages : le reste de sa vie. Et fait tomber chaque jour un coquillage dans un bocal vide. J’ai attaqué la réserve de mouchoirs à ce moment-là. Ce n’était pourtant rien par rapport à notre arrivée au service d’oncologie pédiatrique. Que ce soit Lucas, ou encore Marilou, ou la petite Samia, ils m’ont rempli le cœur d’une émotion incroyable. Mais je me perds…Il n’empêche que j’ai failli abandonner ma lecture tellement elle me retournait les tripes et le cœur.

Au début du roman, Laure est sur Facebook, comme tout le monde, je dirais. 398 amis. Nous suivrons la progression des ses « amis » et abonnés en début de chaque chapitre. L’océan, c’est sa passion. Et si, au lieu de se morfondre, elle remettait en état le Laurelle, le voilier de son père, grand navigateur disparu en mer, et partait traverser l’Atlantique ? Mais où trouver le financement ? Elle a l’idée de publier une vidéo et de faire une cagnotte en ligne. Un pauvre petit clic peut avoir de multiples conséquences. Et Solène va nous montrer comment, une fois lancée, la machine du net peut être folle, et surtout inarrêtable.

La maladie est présente, et même bien présente au début. Mais attention, on ne vire pas dans le pathos. Non Solène nous immerge dans le service pédiatrique avec énormément de sensibilité. Elle n’enjolive rien, mais elle montre l’humanité, les liens qui se tissent, les amitiés qui naissent entre ces enfants dont le compte à rebours est lancé, les soignants, les parents. Et l’espoir, omniprésent.

Ce roman contient 3 parties. Rassurez-vous, vous n’aurez aucun temps mort, il n’existe pas d’arrêt sur l’autoroute du miracle, même si le lecteur est tenté de faire une pause sur la bande d’arrêt d’urgence. Mais un miracle, ça se mérite. Ça se paye également, quoi qu’on en dise. Les réseaux sociaux sont un miracle, mais jusqu’à quel point ?

Solène nous brosse un portrait très judicieux de notre société actuelle. Sa plume est acerbe, nette, tranchante. Elle l’était déjà avant, mais je trouve qu’elle a gagné en maturité, elle s’est étoffée, elle a murit c’est certain. Solène ne fait pas dans la dentelle, elle touche son lecteur en plein cœur, le bouleverse, le met au pied du mur.

Alors, oui, cette lecture est loin d’être un parcours de santé, mais elle est nécessaire. Pour se méfier des réseaux, que l’on utilise bien souvent sans se douter ce qui peut se cacher derrière, mais également pour nous faire savoir que la vie est belle, qu’il faut la savourer avant qu’il ne soit trop tard, et que nos rêves méritent que l’on se donne la peine de tenter de les réaliser.

Quant à la dernière partie, je vous souhaite de ne pas avoir le mal de mer. Car la nausée s’intensifie au fil des pages et des découvertes. On se rend compte que l’on s’est planté sur toute la ligne. Les émotions nous submergent, la vague nous emporte, nous entraîne vers le fond. Le fond de l’âme humaine, là où la lumière disparait au bénéfice des ténèbres, si noires, si glauques.

Une lecture bouleversante que je vous conseille !

Vous ne regarderez plus votre fil d’actu FB sans avoir une pensée pour Laure. #TousAvecSolene #SoleneNouveauTalentAffirmé

Je remercie les Éditions Métropolis et Solène pour cette magnifique lecture.

miracle2015008623.jpg

En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : juste que ce soit de Solène ! Le résumé m’a bouleversé, j’avoue que c’est un sujet trop sensible pour moi.

Auteur connu : ouiiiii. Ces précédents romans étaient déjà d’une intensité folle, les sujets toujours forts. Je la suis depuis ses débuts, avec « Un sac » , « Une bonne intention » , « Avec elle » – « Sans elle » co-écrit avec Amélie Antoine ; j’avais interviewé Amélie et Solène à propose de ce roman d’ailleurs :  Interview.

J’ai eu la chance de la rencontrer avec sa compagne de plume aux derniers Quais du Polar :

solène et amélie

Émotions ressenties lors de la lecture : beaucoup d’angoisse et d’appréhension, je suis sortie de ma zone de confort. A l’arrivée de Lucas, j’ai failli poser le livre pour fuir. Mais j’ai fait confiance à Solène et j’ai bien fait. La dernière partie a été lue en apnée tellement la peur et l’horreur étaient présentes. Des émotions très fortes, mais néanmoins très belles, telles que l’admiration face à tant de courage et de détermination.

Ce que j’ai moins aimé : je dirais le prologue. Alors oui, il a le mérite d’accrocher le lecteur. Mais Solène n’a pas besoin de cela. Le 1er chapitre joue très bien ce rôle.

Les plus : la plume ! Quelle magie. Le décor, au bord de la mer ou sur un bateau, nous avions les embruns et l’air marin pour nous redonner un peu d’oxygène.

3 réflexions sur “« Miracle » de Solène BAKOWSKI

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