« Hiver » d’Ali SMITH

Informations :

Titre : hiver

Auteur : Ali Smith

Éditeur : Grasset

Nombre de pages : 320 pages

Format  et prix : broché 23 € / numérique 15.99 €

Date de publication : 10 février 2021

Genre : littérature anglaise

Résumé :

Sophia Cleves a proposé à son fils Art – avec qui elle entretient des relations plutôt distantes – de venir passer Noël dans sa grande maison en Cornouailles. A cette occasion, il était prévu qu’il lui présente sa petite amie Charlotte. Sauf que Charlotte rompt avec Art. Ce dernier ne voulant pas se désavouer devant sa mère, il propose à une jeune femme rencontrée à un arrêt de bus de jouer le rôle de Charlotte le temps des fêtes de fin d’année.
Une fois sur place, le faux couple se rend compte que la mère d’Art ne va pas bien. Son comportement est erratique, et elle semble confuse. Art appelle sa tante Iris au secours, bien que les deux femmes ne se soient pas parlé depuis trente ans. Un drôle de week-end commence alors : le souvenir d’autres fêtes de Noël surgit, la mémoire de l’enfance commune aussi, puis la brouille autour des choix idéologiques des deux sœurs refait surface. Car Sophia est une femme d’affaires à la retraite, alors que sa sœur Iris a consacré sa vie au militantisme politique et n’a renié aucune de ses convictions.
L’hiver, pour Ali Smith, est la saison des ruptures, des convictions qui nous séparent, avant d’être celle des retrouvailles. Son regard sur les faux-semblants de nos sociétés à l’ère de la post-vérité est impitoyable, tendre et drôle à la fois, portée par une langue d’une grande poésie.

Mon avis :

Ali Smith s’est lancée en 2016 dans une séquence de quatre romans, chacun nommé d’après une saison. Après « Automne », voici « Hiver ». Les deux romans peuvent se lire indépendamment. Il n’y a pas de report de personnages ou d’histoire, mais il y a des similitudes structurelles entre les deux volumes, à la fois en terms de dynamique d’une jeune génération en dialogue avec une ancienne, et du rôle central joué par un artiste et son travail.

Le récit se passe à Noël, mais attention, pas de guirlandes lumineuses, de magie de Noël, de dinde ou de marrons grillés. Sophie et Iris sont deux sœurs que tout oppose et qui ne se sont pas vu depuis plusieurs années. Elles sont contraintes de se retrouver lors d’un repas de Noël totalement déjanté, où Art, le fils de Sophia, est venu en compagnie de Lux, une lesbienne de Croatie rencontrée à un arrêt de bus. Art paye Lux  pour se faire passer pour sa petite amie. En effet, Lux vient de se faire larguer par Charlotte, qui a piraté son compte Twitter et son blog, « Art in Nature », publiant périodiquement des informations volontairement fausses et embarrassantes.

Ça y est, vous êtes perdus ? Je l’ai été moi aussi, d’autant que je n’ai pas terminé !! En effet, Sophie croit dur comme fer qu’elle est suivie dans tous ses faits et gestes par une tête coupée, celle d’un enfant, qui flotte joyeusement autour d’elle…

J’ai eu énormément de mal à entrer dans ma lecture. Autant « Automne » m’avait bien emballée, j’avoue qu' »Hiver » ma laissée perplexe. C’est plus sur le fond que sur la forme que j’ai été perturbée, car il faut avouer que la plume de l’auteure est très poétique, plein de fantaisie, moderne et agréable. L’influence de Shakespeare transpire de chaque page. Les jeux de mots et les calembours présents tout au long de la lecture sont savoureux (mes félicitations à l’énorme travail de traduction !), le ton est délicieusement subversif. Le récit a tendance à partir dans tous les sens, alternant passé et présent,  malmenant le lecteur comme les flocons de neige voletant en bourrasque dans un ciel d’hiver.

La réflexion suggérée, mêlant Brexit, politique, écologie, art, le tout avec subtilité et humour, nous font nous questionner sur l’éventualité d’un roman Fakenews : difficile, voir impossible, de démêler le vrai du faux. L’auteure se moque des situations sans jamais devenir méchante, expose les folies et les lacunes de ses personnages sans jugement, et exprime son inquiétude quant à l’état du monde sans recourir au cynisme.

Si vous avez envie de sortir de votre zone de confort, de découvrir autre chose, je vous conseille « Hiver ». Pour ma part, j’attends « Printemps » !!! C’est ma saison préférée !

Je remercie les Éditions Grasset et NetGalley pour cette lecture.

#Hiver #AliSmith #Grasset #NetGalleyFrance #RentréeLittéraire

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’avais aimé le style d’écriture d’Ali et « Automne ». c’est donc tout naturellement que j’ai continué l’aventure avec « Hiver ».

Auteur connu : j’ai découvert Ali avec   « Automne ».

Émotions ressenties lors de la lecture : de l’ennui et de l’incrédulité au début, ce qui m’a beaucoup inquiétée ! Et puis ensuite la plaisir de lecture est revenu grâce à la subtilité de la plume.

Ce que j’ai moins aimé : les personnages ne m’ont pas vraiment convaincue.

Les plus : le style d’écriture, indéniablement !! Le côté satirique depuis lequel la société anglaise est dépeinte.

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