« Les femmes qui craignaient les hommes » de Jessica MOOR

Informations :

Titre : les femmes qui craignaient les hommes

Auteur : Jessica Moor

Éditeur : Belfond

Nombre de pages : 352 pages

Format  et prix : broché 21 € / numérique 12,99 €

Date de publication : 6 mai 2021

Genre : thriller psychologique

Résumé :

Nouvelle voix de la littérature noire très remarquée outre-Manche, Jessica Moor livre un thriller psychologique intense, violent, sur la criminalité ordinaire, la prédation et l’emprise.

La banlieue de Manchester abrite une maison pas comme les autres : une résidence sécurisée réservée aux femmes. Ici, elles sont nombreuses à vivre loin de ceux qui ont fait de leur quotidien un cauchemar. Alors, quand le corps de Katie, leur conseillère et amie dévouée, est retrouvé dans la rivière et que l’inspecteur Whitworth entreprend de les interroger, leur réflexe est de se cacher, de se taire.

Pourtant, elles vont devoir parler. Si elles ne le font pas, la police classera l’affaire en suicide. Comment ces femmes terrorisées pourront-elles jamais se confier à un homme ? Et comment livrer ce qu’elles savent sans risquer de faire tomber l’une d’entre elles ? Car chacune détient une pièce de ce puzzle macabre, et révéler la clé du secret pourrait mettre à l’épreuve leur solidarité, ce dernier lien qui les protège dans une société qui semble les avoir oubliées…
Que vaut la vie d’une femme ?

Mon avis :

Lecture un peu mitigée, avec de beaux points positifs mais quelques bémols qui n’ont pas gâché ma lecture, mais m’ont pas mal frustrée.

Banlieue de Manchester. Katie Staw est une jeune fille travaillant comme conseillère dans un refuge pour femme battues. Lorsque nous faisons sa connaissance, elle rencontre Jamie dans une boîte de nuit. Il est gardien de prison et le feeling passe bien entre eux deux. Katie semble heureuse et épanouie. Sauf que quelques pages plus tard, le cadavre de Katie est retrouvé, et tout porte à croire qu’elle s’est suicidée. On ignore quel est l’espace temporel entre ces deux moments clés de l’existence de Katie (1er couac, cela m’a perturbée : son petit ami Noah, vient reconnaître le corps. Qui est-il ? Et où passé Jamie ?) .

Le lieutenant Daniel Whitworth ne croit pas à l’hypothèse du suicide. Car, même si Katie était une adepte des anti-dépresseurs et portait des stigmates d’automutilation, quelque chose le chagrine. Allant à l’encontre du légiste qui conclu au suicide (2ème couac, en général les enquêteurs ne font pas autant de zèle…), Daniel va suivre son instinct jusqu’à cet indice capital le confortant dans la thèse du crime (n’insistez pas, vous ne saurez rien !). Il fait équipe avec l’inspecteur Brookes et leur tâche sera ardue : tirer les vers du nez des femmes réfugiées au foyer, fuyant les hommes comme la peste, et se serrant les coudes dans une omerta du secret ou chacune détient une pièce du puzzle macabre. Confier cette enquête à une femme aurait été bien plus simple (3ème couac : les pensionnaires se referment comme des huîtres, normal. Vous vous confierez, vous, à un homme, après avoir été battue, violée, humiliée par votre ex-compagnon ?) !

La construction de ce roman est atypique, nous alternons entre « maintenant », avec l’enquête de Daniel, et « avant », où, tel un voyeur, le lecteur est plongé dans la vie de Katie avant le drame.

Les personnages sont très intéressants et bien détaillés psychologiquement. Daniel a des idées bien arrêtées concernant la violence faite aux femmes. Il est assez sceptique et dédaigneux, il m’a beaucoup agacée ! La soixantaine bien tassée, c’est une autre génération, il ne fait pas l’effort d’évoluer en même temps que la société. Quant à Jamie, parfait d’apparence, il se révèle être le petit ami abusif, dépréciant Katie, l’isolant de ses amis. Il va prendre le contrôle de sa vie. Katie ne s’affole pas outre mesure, pensant qu’elle est fautive en réagissant de manière excessive. Nous suivons sa lente agonie et sa descente aux enfers. L’enfer, justement, d’où pensent être revenues les pensionnaires du foyer. Leurs récits m’a glacé le sang.

La violence faite aux femmes est décrite dans ce roman sous deux angles : tout d’abord avec Katie et Jamie, en live je dirais, et par le biais des locataires du refuge, qui racontent leur passé glauque et effrayant, nous permettant de mieux évaluer les conséquences terribles qui découlent d’une telle relation.  Un thème effroyable, dépeint avec énormément de vérité, de justesse, sans filtres. L’auteure montre la nature lente et insidieuse de la violence domestique. Rien n’est épargné au lecteur, c’est une histoire qui met les nerfs à rude épreuve, il faut le savoir.

La fin m’a scotchée. J’en avais deviné certains aboutissements, mais j’avoue que ce twist, je ne l’ai pas vu venir ! Ou comment trucider son lecteur.

Autre bémol, la plume de l’auteure. Outre la construction, qui peut déstabiliser (il faut s’y habituer), j’ai trouvé certaines descriptions bien trop longues à mon goût. Du coup, le rythme de l’intrigue s’en ressentait, et ma lecture a constamment fait le yoyo entre « je ne peux pas m’arrêter je veux connaître la suite », et « bon, sinon, c’est quand qu’il se passe quelque chose ? ». Cette dernière phrase prenant le pas sur la première malheureusement.

Cela ne m’a pas empêchée malgré tout de passer une belle lecture qui s’est avérée dérangeante, sombre et révoltante. La violence domestique est plus courante qu’on ne le pense (l’actu nous le confirme quasi tous les jours) et les femmes qui y sont confrontées ne savent pas comment y mettre un terme. Bouleversant. et inconfortable. Un regard sur notre société et sur des situations devenues malheureusement banales.

« Que toutes ces putains de féministes aillent se faire foutre. Le féminisme est un cancer. »

Un roman que je vous conseille malgré tout, ne serait-ce que pour le thème abordé, qui ne vous laissera aucunement indifférent.

Je remercie les Éditions Belfond et la masse critique Babélio pour cet envoi.

#lesfemmesquicraignaientleshommes    #JessicaMoor #Belfond

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : le résumé. 

Auteur connu : ce roman est le premier de Jessica. Elle travaille auprès des femmes battues, ce qui explique son appétence et sa maîtrise du sujet.

Émotions ressenties lors de la lecture : anxiété, angoisse, peur, colère. J’avoue n’avoir même pas ressenti une mini pointe d’espoir. C’est noir, gris à la rigueur à certains moments, mais c’est tout. Pas de bout du tunnel !

Ce que j’ai moins aimé : le rythme, trop fluctuant, les incohérences dans le récit, le manque de repères temporels précis.

Les plus : le thème et la manière de l’aborder, les personnages, la fin.

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