« Terra Nullius » de Victor GUILBERT

Informations :

Titre : Terra Nullius

Auteur : Victor Guilbert 

Éditeur : Hugo Thriller

Nombre de pages : 345 pages

Format  et prix : broché 19,95 € / numérique 9,99 €

Date de publication : 3 mars 2022

Genre : polar

Résumé :

Hugo Boloren a perdu la bille. Celle qui l’accompagne dans ses enquêtes et qui fait « ding » pour le mettre sur la bonne piste. Alors il erre dans le commissariat, neurasthénique, au grand dam de Lulu la stagiaire. Même ses carrés de chocolat échouent à le remettre d’aplomb. Il est temps de changer d’air. Justement, le commissaire Grosset a obtenu pour la mère d’Hugo un rendez-vous dans la clinique lilloise d’un spécialiste de la maladie d’Alzheimer. La veille du départ, Boloren apprend qu’un garçon d’une dizaine d’années, Jimcaale, vient de se faire agresser dans une immense décharge publique coincée à la frontière franco-belge et jouxtant un étonnant camp de laissés-pour-compte. L’instant d’Hugo lui murmure d’aller jeter un œil à cette intrigante Terra Nullius, un territoire sans maître ; sans se douter que l’attend là-bas l’affaire criminelle la plus sordide de sa carrière.

Mon avis :

J’avais lu « Douve », premier roman de l’auteur et première enquête d’Hugo le mois dernier. Et voilà la sortie de la suite, « Terra Nullius ». Timing parfait ! Notez que vous pouvez très bien lire ces deux opus indépendamment, même si, à mon sens, vous loupez quelque chose en ne lisant pas les deux !

L’enquête à Douve a laissé des traces à Hugo, qui tombe dans une sorte de dépression. Sa mère, souffrant de la maladie d’Alzheimer, doit passer des examens dans une clinique spécialisée de Lille. Hugo va l’accompagner et en profiter pour enquêter sur un meurtre sordide ayant eu lieu dans une immense décharge. Tiens, cela me rappelle ma lecture à propos de la décharge de FreshKills, à New York. Terra Nullius, ce territoire à la frontière franco-belge qui n’appartient à aucun état, est une décharge à ciel ouvert, où vit une petite communauté de laissés-pour-compte. Jimcaale vient d’y être gravement blessé. Qui pouvait en vouloir à ce gamin de 12 ans ? Quant à son copain, Gao, il a été frappé par un CRS. Autre mystère.

Hugo va plonger au milieu des détritus, avec les enquêteurs du coin, l’inspecteur Raphaël Desreumaux et Côme Lasselin. Tandis que « Lulu la stagiaire » tentera de découvrir comment un homme banal et sans histoires peut se retrouver témoin dans trois affaires de meurtres.

« Terra Nullius » n’est pas une lecture de tout repos, tant elle questionne le lecteur. Car Victor aborde des thèmes durs et terriblement d’actualité. La maladie d’Alzheimer, tout d’abord, avec sa mère, ancienne grande journaliste d’investigation, dont la mémoire s’effiloche jour après jour, malgré quelques réminiscences rares mais qui s’avéreront essentielles à notre enquête. Elle va jouer un rôle dans cette dernière, et non des moindres. Ensuite, cette décharge nous rapporte à notre consommation effrénée et la gestion de nos déchets. Pour finir, ce bidonville met vraiment mal à l’aise, avec toutes ces tranches de vie exclues socialement et s’accommodant de cette existence, trouvant des richesses bien loin de notre confort à nous, les simples péquenauds lambda. 

Le lecteur serait tenté de faire comme Hugo pour survivre à toute cette horreur : boulotter des carrés de chocolats millésimés arrosés de bière locale. Mais serait-ce bien raisonnable ? Hugo est un personnage attachant, j’ai aimé ce second opus en sa compagnie. Il est hors norme, différent de tout ce que l’on a pu connaître. Si je n’avais qu’un seul argument à poser sur la table pour vous conseiller de lire « Terra Nullius », ce serait de découvrir Hugo.

Quant aux protagonistes secondaires, ils sont tout aussi denses, permettant au lecteur de s’investir totalement dans le récit. La décharge est un personnage à part entière, tant les descriptions de l’auteur la fond vibrer et respirer. Cette analogie permet une parfaite visualisation du lieu tout en le dotant d’une certaine émotion, apportant une expérience littéraire brillante. J’ai vraiment adoré cela.

« Le plastique et le métal ramollissent sous le soleil, alors les monticules s’affaissent lentement dans ce gémissement glauque. Certains dans le camp ont une autre version : cette décharge, c’est le purgatoire dont émanent les plaintes des âmes torturées qui s’apprêtent à l’enfer. »

Notre histoire court sur six jours. Une petite semaine pour résoudre une énigme bien épineuse. Six jours de vie restant au petit Jimcaale, plongé depuis le drame dans un coma végétatif, qui sera débranché au terme de cette temporalité. Bémol personnel : chaque chapitre correspond à une journée. Du coup, j’ai trouvé les chapitres trop longs. Mais ce n’est que mon opinion. Les chapitres sont malgré tout découpés grâce à des astérisques. Mais tout de même…

L’auteur est très doué pour planter un décor à la fois atypique, angoissant et terriblement humain. Avec sa plume directe et teintée d’humour, il offre au lecteur un polar captivant et dense. Un puzzle dont on a l’impression, de prime abord, que les pièces ne vont jamais s’emboîter. Et puis si, finalement, chaque détail, chaque mot a son importance et fera partie du final, que je n’ai absolument pas vu venir.

Un mot sur la couverture qui est tout simplement magnifique et parfaitement représentative de l’ambiance du roman.

Un très bon polar où rebondissements et suspense se mêlent pour vous proposer de belles heures de lecture. Ne passez pas à côté.

« S’accrocher à la vie est plus douloureux que de se laisser bercer par la mort. »

Je remercie les Éditions Hugo Thriller et Babélio pour cette lecture.

#TerraNullius  #VictorGuilbert  #HugoThriller

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’avais envie de découvrir la suite des enquêtes d’Hugo !

Auteur connu :  « Douve » a été une belle découverte pour moi, je vous le conseille !

Émotions ressenties lors de la lecture : énormément d’empathie pour les personnages, de la pitié et de l’admiration pour Jim et Gao qui vivent dans des conditions difficiles mais qui avaient réussis à garder leur âme d’enfant, peur, angoisse, envie d’en savoir plus, gourmandise aussi (addict au chocolat je suis !), étonnement, la palette était large.

Ce que j’ai moins aimé : les chapitres trop longs, mais cela n’est que mon avis personnel.

Les plus : le personnage d’Hugo, cette décharge et la représentation qui en est faite, la plume, l’intrigue, le dénouement.

2 réflexions sur “« Terra Nullius » de Victor GUILBERT

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