Informations
Titre : Le mystère Clara Zoty
Auteur : Daniel Martinange
Éditeur : Eaux Troubles
Nombre de pages : 330 pages
Formats et prix : broché 21 € / numérique 10.99 €
Date de publication : 10 septembre 2026
Genre : thriller
Résumé
Haut-Forez, France. Sur une route forestière isolée, une femme se réveille dans une voiture inconnue, amnésique, et sans aucun souvenir de son identité. Guidée par un cauchemar, elle découvre près d’un lac un secret terrifiant. Bientôt traquée par des hommes armés et recherchée par la Police Judiciaire dans une affaire criminelle aux ramifications internationales, elle tente de comprendre qui elle est. Mais lorsque la vérité éclatera, son identité révélera un passé stupéfiant. Daniel Martinange vit dans le Haut-Forez et se consacre à l’écriture, après avoir été employé de banque, collaborateur de maisons d’éditions et journaliste professionnel. Il a publié des romans de littérature blanche et des romans policiers.
Mon avis
Tome 3 reprenant l’équipe d’enquêteur. Peut se lire indépendamment. Tome 1 : « C’est moi qu’il veut ! », tome 2 : « Les malfaisants ».
Un thriller au cœur du Haut-Forez où les apparences sont trompeuses
Bienvenue dans le Haut-Forez, dans la Loire ! Daniel Martinange nous entraîne sur une route forestière, aux côtés d’une femme qui ne sait plus qui elle est, ni ce qu’elle fait là. Une amnésie, un cauchemar, un lac et une découverte macabre : voilà de quoi installer une atmosphère pour le moins inquiétante !
J’avais déjà découvert l’univers de Daniel Martinange avec ses précédents romans. J’étais donc à la fois curieuse et impatiente de retrouver sa plume, mais aussi son équipe de policiers. Cette fois, l’auteur choisit de placer une femme au centre de son intrigue. Qui est réellement Clara Zoty ? Et surtout, pourquoi a-t-elle tout oublié et que cherche-t-elle à retrouver ?
Une couverture magnifique, en accord avec l’histoire
Je ne peux pas passer à côté de la couverture de ce roman, que je trouve tout simplement magnifique ! Elle est particulièrement travaillée et visuellement très forte.
Au-delà de son esthétique, je trouve cette illustration particulièrement bien choisie pour accompagner l’histoire. Cette superposition de deux visages, cette impression de dualité et de fragmentation font écho aux interrogations qui entourent Clara et à la place qu’elle occupe dans le récit. Sans rien dévoiler de l’intrigue, la couverture suggère déjà que l’identité de cette femme est bien plus complexe qu’il n’y paraît.
C’est typiquement le genre de couverture qui me donne envie de prendre un livre en main !
Une intrigue qui démarre sur une découverte macabre
Dès les premières pages, Daniel Martinange installe une situation intrigante. Une femme amnésique, une voiture qui ne lui appartient pas, une route forestière isolée… Le lecteur découvre Clara en même temps qu’elle tente de comprendre ce qui lui arrive. Elle ne dispose d’aucun souvenir pour expliquer sa présence dans ce lieu et chaque élément devient une pièce supplémentaire à assembler.
Puis vient ce cauchemar qui la conduit jusqu’à un lac. Ce qu’elle y découvre fait basculer le récit dans une dimension nettement plus sombre. L’intrigue prend alors une tournure macabre et les questions se multiplient. Quel rapport Clara entretient-elle avec cette découverte ? Pourquoi est-elle surveillée ? Qui sont les hommes qui la poursuivent ? Et que cache cette femme dont l’identité a disparu avec ses souvenirs ?
J’ai trouvé intéressant que l’auteur ne se contente pas de faire de l’amnésie un simple ressort destiné à retarder les révélations. Elle est véritablement au cœur de la construction du récit. Clara avance sans connaître son propre passé, tandis que le lecteur essaie de comprendre ce qui se joue autour d’elle. Nous sommes ainsi placés dans une position assez particulière : nous cherchons des réponses avec un personnage qui ne possède pas davantage de clés que nous.
L’affaire dépasse progressivement le cadre de cette découverte dans le Haut-Forez. La présence de plusieurs protagonistes et les ramifications de l’enquête élargissent le champ du récit. Le roman ne se limite plus à une recherche d’identité : il s’inscrit aussi dans une intrigue policière plus vaste.
Clara Zoty, un personnage intriguant
Clara est incontestablement LE personnage qui retient l’attention. Amnésique, elle doit avancer sans pouvoir s’appuyer sur son histoire personnelle. Elle ignore ce qu’elle a vécu, ce qu’elle a pu faire et les raisons qui expliquent les événements auxquels elle se retrouve confrontée.
Cette absence de repères est intéressante parce qu’elle modifie notre manière de la regarder. Nous ne pouvons pas réellement nous fier à ce qu’elle croit savoir d’elle-même. Son comportement, ses réactions et ses décisions prennent une signification particulière au fil de l’histoire.
C’est surtout la place qu’elle occupe dans l’intrigue qui m’a intéressée. Clara n’est pas simplement une femme qui subit les événements et tente d’échapper à ceux qui la poursuivent. Daniel Martinange construit autour d’elle une situation dont les différentes facettes prennent progressivement sens.
Je préfère ne pas en dire plus, car ce serait gâcher une partie du plaisir de lecture. Mais c’est précisément ce travail autour du personnage qui donne son intérêt au roman. Le mystère ne concerne pas uniquement son identité : il touche aussi à la place qu’elle occupe dans toute cette affaire.
« Ce qui me déséquilibre, c’est mon calme. »
Une construction narrative qui joue avec les points de vue
D’un côté, nous suivons Clara à la première personne. Ces passages ne comportent ni indication de date ni précision géographique. Nous sommes enfermés dans son présent immédiat, au plus près de ses perceptions et de ses interrogations. Ce choix nous rapproche de son expérience de l’amnésie : elle ne sait pas où son histoire la conduit…et nous non plus !
De l’autre, certains chapitres adoptent une narration à la troisième personne. Ils concernent aussi bien les personnages qui observent Clara que les trois enquêteurs, le commandant Tréboul, le capitaine Martinod et le lieutenant Chrystelle Mop. Contrairement aux passages consacrés à Clara, ces chapitres comportent des repères temporels et géographiques qui permettent de situer les événements et de suivre le travail des enquêteurs.
Cette alternance offre plusieurs regards sur une même histoire. D’un côté, nous partageons les incertitudes de Clara ; de l’autre, nous découvrons ce que les enquêteurs et les autres protagonistes voient, comprennent ou cherchent à éclaircir. Les informations se complètent progressivement et nous poussent à établir des liens entre des scènes qui, au premier abord, ne semblent pas forcément avoir de liens.
Cette technique narrative entretient le suspense sans reposer uniquement sur les informations que Clara est capable de nous transmettre. Il faut rester attentif aux détails, aux changements de perspective et à ce que les différents protagonistes savent (ou semblent savoir).
C’est aussi une manière de maintenir une certaine distance avec Clara. Nous partageons ses incertitudes, mais nous disposons également d’autres éléments grâce aux chapitres consacrés aux enquêteurs. Et c’est justement dans cet écart entre les différents points de vue que le mystère nous happe totalement.
Une équipe intéressante
J’ai vraiment retrouvé avec plaisir son équipe de policiers récurrents : Tréboul, Martinod et Mop.
J’adore l’humour qui se dégage de leurs échanges, les petites piques qu’ils ne manquent jamais de se lancer et cette façon bien à eux de travailler ensemble. Ils ont chacun leur caractère, leur particularité et une personnalité différente. C’est justement ce mélange qui fait leur force : ils se complètent, se répondent et forment un trio qui fonctionne parfaitement bien.
« – Je pige couic à ce que vous barjaquez. »
Ces interactions apportent une touche de légèreté bienvenue dans une intrigue policière qui, elle, ne manque pas de sérieux. On retrouve ainsi un équilibre que j’apprécie beaucoup dans les romans de Daniel : une enquête criminelle, des personnages qui transmettent une belle énergie et ne se prennent pas toujours au sérieux, et des dialogues pétillants.
Retrouver cette équipe donne aussi une agréable continuité à la lecture. On ne découvre pas seulement une nouvelle affaire : on retrouve des personnages auxquels on s’attache au fil des romans.
Une plume au service du suspense
La plume de Daniel est fluide, accessible et visuelle. Elle privilégie l’efficacité du récit et la progression de l’intrigue.
La narration à trois voix permet à Daniel de faire avancer son intrigue par plusieurs chemins.
J’aime cette façon de ne pas livrer toutes les informations au même moment. Le lecteur doit accepter de ne pas tout comprendre immédiatement et prendre le temps de rapprocher les éléments. Certains détails prennent une autre dimension lorsqu’on les replace dans l’ensemble du récit.
L’auteur joue ainsi avec notre perception des personnages et des événements. Ce qui semble évident à un moment de la lecture peut être remis en question par la suite. C’est un procédé qui fonctionne bien dans une histoire où l’identité et la mémoire occupent une place aussi importante.
Et puis, il y a cette promesse d’une vérité qui doit finir par éclater. Le roman entretient le mystère autour de Clara jusqu’à ce que les différents éléments trouvent leur place. Je ne dévoilerai évidemment rien du dénouement, mais je peux dire que le personnage mérite que l’on s’intéresse à elle au-delà de sa seule amnésie.
« Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ? J’ai une trouille monstre, et pourtant, je me prends…Je me prends pour qui ? Je suis QUI ? »
« Le Mystère Clara Zoty » est une lecture qui invite à se méfier des apparences et à ne pas tirer de conclusions trop rapidement. Il faut accepter de ne pas posséder toutes les pièces du puzzle dès le départ. C’est finalement ce qui fait tout l’intérêt de cette histoire : comprendre qui est Clara, mais aussi découvrir pourquoi elle se retrouve au cœur de cette affaire.
Une chose est certaine : le titre prend toute sa dimension au fil des pages. Et je vous conseille de ne pas chercher à résoudre le mystère trop tôt… Laissez plutôt Daniel Martinange vous guider jusqu’aux dernières révélations.
« Ma nature profonde a été bouleversée. Mon cauchemar m’ôte toute lucidité. Comme si une étrangère avait pris possession de ma nature intime. »
Je remercie les Editions Eaux Troubles et Daniel Martinange pour cette lecture.

En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : l’auteur et sa série d’enquêteurs. J’avais envie de retrouver cette fine équipe ! Et il faut dire que la couverture m’a attiré l’œil.
Auteur connu : retrouvez ici les chroniques des précédents roman de Daniel.
Émotions ressenties lors de la lecture : curiosité, intrigue, perplexité, surprise, amusement, plaisir de retrouver des personnages familiers.
Ce que j’ai moins aimé : RAS
Les plus : l’intrigue, les personnages, la construction, la plume, les dialogues, le plaisir de retrouver Tréboul, Martinod et Mop, l’humour et les petites piques entre les trois enquêteurs, la fin.
Si je suis une âme sensible : l’atmosphère est inquiétante, un cadavre est découvert, mais rien d’insurmontable.
