« La mauvaise herbe » d’Yves MONTMARTIN

Informations :

Titre : la mauvaise herbe

Auteur : Yves Montmartin

Éditeur : auto-édition

Nombre de pages : 250 pages

Format  et prix : broché 16 € / numérique 2.99 €

Date de publication : 5 décembre 2020

Genre : littérature générale

Résumé :

Restée seule au milieu du jardin, la petite fille s’est relevée. Il ne lui reste plus qu’un ou deux mètres de terrain à travailler. Elle se rappelle les paroles de son père : «les mauvaises herbes, il faut les déraciner. Une fois que tu as bien supprimé les racines, la plante ne repousse plus, elle est morte à jamais».

Elle ne se doute pas que dans son cœur commence à germer une graine de mauvaise herbe; elle ne sait pas à ce moment précis qu’elle aussi, un jour, elle sera déracinée.

D’Alger à la banlieue lyonnaise, ce roman raconte le destin tragique d’une jeune femme algérienne, qui petite fille rêvait d’indépendance et de liberté et qui va se retrouver emprisonnée par le poids des traditions et de la religion.

Mon avis :

Quelle lecture ! L’auteur nous confie qu’il avait cette histoire dans sa tête depuis bien longtemps, et qu’il a profité du confinement pour la coucher dans un roman. Quelle brillante idée ! Yves, je te reconfine dès demain, car si à chaque fois, tu nous sors un roman pareil, moi j’achète !!!

S’inspirant de faits réels, Yves nous immerge dans l’Algérie post-indépendance. Amira passe une enfance heureuse et sans anicroches, entre école et jardinage avec son père. Nous suivons le parcours familial, où les mariages rythment la vie. Nous allons assister en souvenir, à celui des parents d’Amira, qui ne se connaissaient pas avant la noce, puis nous vivrons celui, rempli d’espoirs de la meilleure amie d’Amira, Loubna, qui quittera l’Algérie pour s’installer à Lyon avec l’époux qu’elle aime et qu’elle a choisi. Autre époque, autre mœurs. Vraiment ? Pas sûr.

Dans un monde d’hommes, où les femmes enceintes prient pour donner un fils à leur mari, où la place de la femme est bien loin d’être égale à celle de l’homme, les préjugés sont profondément ancrés dans la société. La dot structure toujours l’union matrimoniale, l’épouse doit soumission et obéissance à son mari et par ricochet, à sa belle-famille. Les travaux de recherche menés par l’auteur sont considérables, l’immersion dans la vie algérienne est totale, j’ai appris une multitude de choses et compris les liens pouvant exister entre certaines traditions, façons de penser et de vivre.

Je ne veux rien dévoiler, mais Amira réussira-t-elle a conserver son indépendance ? Elle réalisera déjà son rêve : devenir institutrice. Elle est épanouie, même si elle vit seule et n’est pas mariée. Elle avoue prendre comme modèle sa tante Nour, encore célibataire à plus de trente ans. Sa famille pense qu’elle a une mauvaise influence sur Amira, mais qu’importe ? Jusqu’au jour où tout bascule.

Un roman d’une rare intensité, qui se dévore, aux personnages attachants, un destin effroyable, combien ont le même ? Le poids des traditions, la condition féminine, voilà des thèmes extrêmement forts, décrits et approfondis avec beaucoup de justesse et de délicatesse par Yves. Sa plume est limpide, calme, précise. Elle nous emporte dans ce récit immersif que je ne peux que vous conseiller !

Un mot sur la fin : elle m’a bouleversée. Je ne l’ai pas venue venir, franchement, je me suis pris une grande claque. Le genre de fin qui vous laisse lessivé  en refermant le livre, avec un « Ah ouais quand même » sur les lèvres, et les larmes au bord des yeux.

« Toutes les religions semblent être organisées au bénéfice du sexe masculin, avec pour conséquence que les femmes sont reléguées au second plan : elles accouchent, élèvent les enfants, s’occupent des corvées. Voilà pourquoi je me méfie des religions. »

Cette citation de Jim Fergus qui ouvre le livre est tellement vrai !

Je remercie Yves pour cette lecture et sa confiance.

#LaMauvaiseHerbe #YvesMontmartin

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : le résumé m’a tout de suite interpellée.

Auteur connu : Yves a participé aux Boënnales et j’ai pu lire  « Sept jours au Mazet St Voy » , totalement différent de ce dernier roman.

Émotions ressenties lors de la lecture : de l’espoir, de la fierté face à ces femmes qui se rebellent, puis de la colère, de la peur, de la tristesse.

Ce que j’ai moins aimé : RAS

Les plus : la plume, les personnages, les détails, le côté immersif. La fin.

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