« Te tenir la main pendant que tout brûle » de Johana GUSTAWSSON

Informations :

Titre : te tenir la main pendant que tout brûle

Auteur : Johana Gustawsson

Éditeur : Calmann-Lévy

Nombre de pages : 324 pages

Format  et prix : broché 19.90 € / numérique 14.99 €

Date de publication : 6 octobre 2021

Genre : thriller

Résumé :

Lac-Clarence, Québec, 2002. Maxine Grant, inspectrice et mère célibataire dépassée, est appelée sur une scène de crime affreuse. L’ancienne institutrice du village, appréciée de tous, a massacré son mari, le lardant de coups de couteau.

Paris, 1899. Lucienne Lelanger refuse d’admettre la mort de ses filles dans un incendie. Elle intègre une société secrète dans l’espoir que le spiritisme et la magie noire l’aideront à les retrouver.

Lac-Clarence, 1949. La jeune Lina vit une adolescence mouvementée. Pour la canaliser après l’école, sa mère lui impose de la rejoindre à la Mad House, la maison de repos où elle travaille. Lina y rencontre une étrange patiente, qui lui procure des conseils pour le moins dangereux…

« Un thriller psychologique sombre et passionnant autour du destin de trois femmes, trois mères éprouvées ou dépassées par la maternité. »
Caroline Vallat – Fnac Rosny

Mon avis :

J’attends chaque nouveau roman de Johana avec impatience, car je sais que je vais forcément passer un très bon moment de lecture, et « Te tenir la main pendant que tout brûle  » ne déroge pas à la règle. Notez que c’est un one-shot. Idéal pour découvrir sa plume !

Trois femmes, trois époques vont se dérouler sous nos yeux, alternativement. En 2002, nous suivons Maxine, lieutenant de police à Lac-Clarence, au Canada, sur les lieux d’un crime. Madame Caron, institutrice à la retraite, vient d’assassiner son mari. Un petit bond en 1949, toujours à Lac-Clarence, entre les murs d’un ancien manoir reconverti en maison de repos, où Lina passe ses soirées en attendant sa mère, employée dans la structure. Elle va se lier avec une pensionnaire pour le moins étrange. On remonte encore un peu le temps, nous voilà à Paris, cette fois, en 1899. Lucienne vient de perdre ses deux petites filles, mortes dans l’incendie de la maison familiale. Dans l’impossibilité de faire son deuil, Lucienne va s’engouffrer dans la voie du spiritisme, mouvement très en vogue à l’époque.

Johana va dérouler ces trois destins de femme sous les yeux avides du lecteur. L’alternance des époques et des vies donne le ton, et surtout le rythme ! A chaque fin de chapitre, on reprend le fil de l’existence de l’une de nos héroïne, laissée quelques pages plus tôt, mais cela veut dire que l’on en quitte une, le plus souvent en mauvaise posture. Comment lâcher le roman ? Johana, explique moi comment faire, car je n’ai pas pu ! J’avais trop envie de connaître la suite. J’en ai oublié que j’avais des gamins à nourrir. Cette lecture a bien failli me mener tout droit à la Mad House avec Lina, moi aussi !

« Lis ton livre interdit. Lève juste les yeux une fois ou deux pour regarder le soleil mourir. Il est certainement le seul à qui la mort va bien. »

L’emploi du « Je » pour chaque récit permet de s’identifier facilement aux personnages. J’ai ressenti beaucoup d’affection pour Maxine, devenue veuve bien trop tôt ; je l’ai admirée aussi, car elle gère son retour au travail, son ado en pleine crise, et son bébé de 8 mois. Chapeau ! Ses collègues sont bien sympas, que ce soit Jules, son co-équipier, Léonie, sa cheffe, malgré sa propension à brailler plus qu’à son tour ; Ginette, la psy du groupe, a apporté une aide précieuse. Avec un petit clin d’œil aux précédents romans de Johana, puisqu’elle a formé Emily Roy, la profileuse au cœur des trois enquêtes de l’auteure.

En parlant d’identification aux personnages, je me suis identifiée à Maxine, qui gère sa vie du mieux qu’elle peut, les mamans qui jonglent entre enfants et boulot se reconnaîtront ! Je me suis identifiée à Lina, à l’école, on a tous été embêtés à un moment ou à un autre, sans parler de harcèlement ; je me souviens quand je suis arrivée dans une nouvelle école en plein milieu de l’année, c’était compliqué de se faire des copines. Je me suis mise à la place de Lucienne, comment aurais-je réagi si j’avais perdu mon enfant ? Comment faire son deuil ? A quoi me serais-je accrochée ?

Des destins qui ne m’ont pas laissée indifférente, bien au contraire. Je me suis imprégnée de ces vies. Johana tient son lecteur par la main, en effet, elle l’accompagne sur la route des drames, des mystères, des secrets, des vengeances, car nous sommes bien dans un thriller, il y a un meurtre au début du roman, mais pas que. Le voyage s’avérera très sombre et assez anxiogène en définitive. La maternité est le fil conducteur du roman, présent à différents niveaux. Johana l’explore sous toutes les coutures, de la manière la plus noire possible. Ce roman résonnera dans le cœur de toutes les mères. Et les opposera à leurs peurs, leurs attentes, leurs aspirations et leurs erreurs aussi.

J’ai cherché le lien entre ces trois « affaires », j’ai douté, et lorsque toutes les pièces du puzzle se sont emboîtées, j’avais vu juste pour certaines, et j’ai été scotchées pour d’autres. Une fin à la hauteur du reste, grandiose.

La plume de Johana est fluide, riche et envoûtante, la construction sans faille, parfaite. Johana maîtrise les personnages et les espaces temps dans lesquels ils évoluent. A chaque roman je suis bluffée par son talent. Elle garde le lecteur en haleine du premier au dernier mot, le faisant mijoter à feu doux pendant des heures pour l’attendrir, afin de rendre la dégustation succulente.

Vous ne connaissez pas encore Johana et son univers ? Foncez ! N’attendez pas une seconde supplémentaire.

Je remercie Johana et les Éditions Calmann Lévy pour cette lecture.

#tetenirlamainpendantquetoutbrûle  #JohanaGustawsson  #CalmannLévy

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : l’auteure !

Auteur connu : J’ai lu tous les romans de Johana, je l’ai rencontrée à plusieurs reprises, elle est dans mon top 10 de mes auteurs préférés. Retrouvez mes chroniques de « Block 46 », « Mor » et « Sång ».

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Émotions ressenties lors de la lecture : beaucoup d’empathie pour les personnages, espoir, angoisse, peur, envie, stupéfaction, les émotions étaient au rendez-vous.

Ce que j’ai moins aimé : que vient faire cette question 😀?

Les plus : la plume, la construction, les personnages, le rythme, la fin.

3 réflexions sur “« Te tenir la main pendant que tout brûle » de Johana GUSTAWSSON

    1. Je te la conseille ! Les romans de Johana retournent les tripes, son univers est très noir mais pourtant porteur d’espoir. « Block 46 » notamment, nous emmène à Buchenwald, un voyage dans l’horreur. C’est le premier mettant en scène ses personnages récurrents. Passe un bon dimanche bises.

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