« Javert : l’homme sous l’uniforme » de Pierre Sarrasin

Informations :

Titre : Javert, l’homme sous l’uniforme

Auteur : Pierre Sarrasin

Éditeur : Kobo Originals

Nombre de pages : 225 pages

Format  et prix : numérique 9.99 €

Date de publication : 30 mars 2022

Genre : policier

Résumé :

Javert est le personnage maudit du plus sublime et fameux roman de Victor Hugo, Les Misérables. Le visage toujours à moitié dissimulé sous son chapeau haut-de-forme et le col de son long pardessus noir, Javert semble inaccessible au commun des mortels.

Mais sous ses abords rugueux et sa dureté apparente, qui est-il réellement ? Dans un XIXe siècle où règnent encore la misère et le crime, plongez dans l’enfance de Javert, laissez vous happer par ses premiers émois de jeune homme et découvrez enfin que sous l’uniforme de l’énigmatique policier, se cache un cœur qui ne demande qu’à battre la chamade…

Mon avis :

Ce livre m’a été proposé dans le cadre de ma participation à la Masse Critique Kobo Originals de Babélio. Ceux qui me connaissent plus personnellement savent combien j’adore Victor Hugo et ses romans. Si Dostoïevski s’est inspiré du physique de Javert pour créer Pavel Smerdiakov dans son roman « Les Frères Karamazov », écrire un roman plaçant Javert au centre d’une histoire et creusant un peu plus sa personnalité tourmentée afin de découvrir qui il est réellement est un pari extrêmement osé !

Tout commence en 1815. Javert prend son poste d’inspecteur de police à Montfermeil. De la vie, il ne connait rien d’autre que le bagne de Toulon, où il né et a grandi. Sa mère y travaillait et il a passé son enfance au milieu des détenus, avant de devenir gardien de l’établissement. A la suite d’une évasion dont il est l’unique responsable, Javert a demandé sa mutation, en espérant toutefois retrouver Jean Valjean, ce bagnard avec qui il s’était lié d’amitié et qui l’avait pourtant trahi en s’échappant.

Sa personnalité sombre, taiseuse et morose est très bien dépeinte, on entre vite dans le personnage et dans le récit. On retrouve rapidement ce qui fait sa force : le respect de l’autorité et la haine de la rébellion. Dans « Les Misérables », Javert est animalisé, ici, il possède un chien, Kaspar, dans le genre molosse aux dents acérées, obéissant au doigt et à l’œil de son maître.

Le camp de gitan installé non loin de Montfermeil va faire les frais de cet inspecteur trop zélé. Javert va y faire la connaissance de Fantine, et ce qu’il ressent pour elle s’apparenterait bien à de l’amour. Mais que connait Javert de l’amour ? Absolument rien. 

« Javert soutint le regard de Fantine sans ciller. Il était si habitué à dissimuler ses sentiments – et en premier lieu, à lui-même – qu’on aurait dit qu’il ne ressentait rien d’autre que de l’indifférence. »

La seconde partie du roman nous emmène à Paris, quinze ans plus tard. Javert, toujours irréprochable et incorruptible, traque les brigands. La transition entre les deux parties m’a un peu déstabilisée, j’ai eu du mal à m’y faire, l’auteur m’a un peu perdue. A mon sens, il aurait fallu être plus clair sur la fin de la première partie, mieux expliquer le déroulé et surtout les conséquences des événements. Toujours est-il que je me suis tout de même bien passionnée par ce récit dans le récit. 

La plume de Pierre est riche, élégante et détaillée. Le plus dur dans cette lecture a été de me mettre dans la tête que ce n’était pas Hugo qui en était l’auteur ! Car il m’a été en effet impossible de ne pas faire de comparaison. Et forcément, même si Pierre a une belle plume et un sens de la narration certain, il n’est pas Hugo…

Je me suis attachée au personnage de Javert, je l’ai trouvé intéressant et bien plus humain que le « vrai ». Il nous avait caché qu’il avait un cœur !

Quelques bémols à souligner : des maladresses dans la construction du récit, avec notamment, le fait que nous ignorons ce que deviennent certains personnages importants de Montfermeil et le lien entre les deux parties, ainsi que certains passages qui auraient amplement mérités d’être beaucoup plus développés. 

Mais cela ne m’a pas empêchée de passer un bon moment de lecture. Il est important de souligner l’audace de l’auteur de proposer un récit pareil. Belle prise de risque !

« Ce Javert, il me fait l’effet d’être amoureux de la mort. Oui, amoureux de la mort. »

Je remercie Babélio et Kobo Originals pour cette lecture.

#Javertlhommesousluniforme  #PierreSarrasin   #KoboOriginals

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : la curiosité de découvrir ce qu’un auteur contemporain a pu faire du Javert d’Hugo.

Auteur connu : c’est le premier roman de Pierre. 

Émotions ressenties lors de la lecture : curiosité, avidité, intimidation, angoisse, interrogation.

Ce que j’ai moins aimé : le manque de détails concernant certains passages, la transition entre les deux parties, trop floue.

Les plus : le côté humain de Javert, la plume.

2 réflexions sur “« Javert : l’homme sous l’uniforme » de Pierre Sarrasin

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