« Un ange dans la tourmente » d’Alain LEONARD

 

sonia boulimique des livres

Titre : Un ange dans la tourmente

Auteur : Alain Léonard

Éditeur : De Borée

Nombre de pages : 316 pages

Formats et prix : broché 20 € / numérique 9.99 €

Date de publication : 11 août 2022

Genre : roman historique

 

blog littéraire

Juin 1914. Que la vie est douce sur les bords de Loire ! Entre les promenades et les pique-niques, les enfants Decourson, Armand, Aurélia et Sophie, coulent des jours heureux. Mais la mobilisation d’Armand, que le devoir appelle, ne tarde pas à sonner le glas de leur joyeuse insouciance. Quelques mois plus tard, le jeune homme est porté disparu.

Tandis que les recherches des Decourson semblent vaines, Aurélia, n’y tenant plus, décide de s’engager comme infirmière dans un hôpital près du front pour tenter de le retrouver.

Au milieu des bombardements et des brancards, elle découvre la terrible réalité du conflit et l’horreur des blessures, mais rien ne saurait l’arrêter dans sa quête ni la faire renoncer.

chroniques littéraires

 

Autant le roman historique n’est pas ma tasse de thé, autant la période couvrant la Première Guerre Mondiale m’intéresse énormément. Je ne pouvais donc pas passer à côté du nouveau roman d’Alain !

Tout commence au printemps 1914. L’insouciance est de mise. Armand étudie à l’École des Mines de Saint Étienne et se destine à devenir ingénieur. Il est de retour dans la maison familiale pour y passer l’été, à côté de ses deux plus jeunes sœurs, Aurélia, 21 ans, et Sophie, 16 ans. Son père, Charles, est un vigneron réputé dans la région. Avec son épouse, Louise, ils vivent très confortablement dans une belle demeure. Pour l’heure, la préoccupation principale de Louise est de trouver un mari à Aurélia. Mais la jeune fille, déterminée et têtue, préfère reprendre ses études, au grand dam de Louise.

« Et j’ai peut-être dans l’idée, continua-t-elle, de reprendre des études. J’y pense depuis quelque temps. Il y a cette femme dont on parle dans les journaux, une certaine Jeanne Chauvin. Grâce à sa détermination, et au courage dont elle a fait preuve, les femmes ont désormais accès au métier d’avocat. J’avoue que je suis tentée de suivre ses pas et d’embrasser cette carrière. »

Le lecteur s’immerge dans l’époque, découvre ses traditions, la place qu’occupaient les femmes. Tout n’est que légèreté, la guerre semble loin et peu probable. Et pourtant…..

Armand est mobilisé, et en janvier 1915, il est déclaré « Porté disparu au front ». Que se cache derrière ce mot, « Disparu », qui veut tout et ne rien dire ? Blessé, fait prisonnier, mort ? Nul ne le sait. Il a disparu, point. Aurélia décide de se porter volontaire auprès de la Croix Rouge pour soigner les blessés. En effet, elle a entendu dire que certains soldats avaient perdu la mémoire et ne se souvenaient même plus de leur prénom. Peut-être est-ce le cas d’Armand ? 

« Certains ne savent plus parler, ni marcher, ni même se tenir debout. Et sans raison médicale apparente. Les psychiatres appellent cela l’obusite. »

On entre dans le vif du sujet. Après une formation expresse de quinze jours, Aurélia devient assistante infirmière et est affectée à Amiens, à une quarantaine de kilomètres du front. Aurélia sera vraiment prise dans la tourmente. Bien loin de s’imaginer la dure réalité du front, elle se verra confrontée à la douleur, à la mort, aux souffrances physiques et morales. Son quotidien fait frémir. Alain met l’accent sur « ces petites mains », celles qui soignent, qui réconfortent. Aurélia tissera des liens avec ses collègues infirmières : Alice, Lucienne, ou encore Georgette, deviendront ses compagnes de guerre. Elles se serreront les coudes et une belle complicité les unira. 

J’ai apprécié la progression de l’opinion des gens de l’époque, les rumeurs qu’une guerre est proche, l’inquiétude de la population lors de la mobilisation, la vision si différente de ceux qui vivent proche des combats, comme Aurélia, et ceux qui sont au calme, loin de toute cette horreur, vivant quasi normalement, comme les parents de la jeune fille. L’organisation des hôpitaux est également une mine d’informations. Le quotidien de ces hommes et de ces femmes dévoués à leurs soldats est très peu mis en avant dans les livres d’histoire et c’est vraiment regrettable. Alain leur redonne leurs lettres de noblesse. Le lecteur ressort de cette lecture admiratif et transporté.

Au-delà du témoignage historique (certes romancé), au-delà de la souffrance si bien décrite, « Un ange dans la tourmente » est aussi et surtout l’histoire d’Aurélia. Cette femme qui verra ses projets de vie bouleversés par la guerre. Elle a du caractère, est déterminée, c’est une battante. Elle surmontera toutes les difficultés. Grâce à son investissement et son empathie, elle deviendra l’assistante de bloc d’un chirurgien, le docteur Édouard Carnaud. Elle se prendra de passion pour ce métier et trouvera sa vocation, bien loin de ses rêves d’avocate !! Les personnages secondaires étoffent le récit, apportant chacun sa contribution. 

« Après un nettoyage rapide du brancard avec un désinfectant, on fit entrer un autre blessé, puis un autre encore. Pendant des heures, Aurélia, à force de rester debout sans bouger, ne sentait plus son dos. Des élancements douloureux partaient de la naissance de son fessier jusqu’à la nuque, qu’elle faisait bouger dès qu’elle en avait la possibilité. Elle fit des efforts surhumains pour ne pas s’évanouir quand le médecin coupa le bras d’un soldat juste au-dessus du coude. « 

C’est avec beaucoup de délicatesse, avec pudeur, que l’auteur raconte le destin d’une jeune fille confrontée à la boucherie de la Première Guerre Mondiale. Il retranscrit l’horreur de la guerre grâce aux cinq sens. Le lecteur entend et ressent les vibrations des obus qui tombent, les hurlements des soldats, il sent l’odeur de chairs brûlées et nécrosées, en proie à la gangrène, il voit les blessures innommables, il touche des mains tendues à la recherche de réconfort et d’une dose de morphine, il goûte le café insipide, ersatz pourtant indispensable, ou encore la bouffée de nicotine salvatrice. 

La plume d’Alain est riche, délicate. Une pointe d’humour est la bienvenue pour apporter un peu de légèreté, même si quelquefois, l’humour est noir…La construction, linéaire, ne manque pas de rebondissements et d’imprévus, maintenant le lecteur en haleine. J’aurai aimé que certains passages soient un peu plus développés, je pense surtout au moment où Aurélia et Édouard partent à Arras, quasiment sur le front, renforcer l’équipe médicale débordée. 

La fin est à la hauteur du reste : délicate et émouvante.

« Un ange dans la tourmente » est une lecture que je vous conseille, qui vous apportera son lot d’émotions et vous permettra de (re)découvrir un moment clé de notre Histoire. 

Je remercie les Éditions De Borée pour cette lecture. 

« Des centaines de femmes s’engagent au profit des blessés. Elles sont dans les hôpitaux à l’arrière, pas dans les zones de combat. Et puis c’est la guerre ! s’écria-t-elle en haussant un peu la voix. Chacun doit apporter sa contribution. J’en ai assez de rester là, de tourner en rond en buvant du chocolat chaud et en mangeant de la brioche pendant que des soldats de mon age se battent et meurent pour défendre notre pays. »

#Unangedanslatourmente    #AlainLéonard  #DeBorée

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Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : le sujet et l’auteur. 

Auteur connu : Alain a une dizaine de romans à son actif. « Un ange dans la tourmente » est le 3ème que je lis. Retrouvez d’ailleurs mes chroniques de « La prophéties des marguerites » et « Comme un souffle de vengeance »

Émotions ressenties lors de la lecture : que d’émotions ! Peur, angoisse, colère, déception, espoir. 

Ce que j’ai moins aimé : pas grand chose. Quelques répétitions, un ou deux événements qui auraient mérité un développement plus important. Rien de bien gênant en soi !

Les plus : le sujet, les personnages, la plume, la fin.

Si je suis une âme sensible : quelques scènes assez dures, mais rien d’insurmontable.

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2 réflexions sur “« Un ange dans la tourmente » d’Alain LEONARD

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